Quand la poésie facilite l'apprentissage des sciences

Clément Solym - 03.12.2018

Edition - Société - poème science apprentissage - vulgarisation synthèse scientifique - écriture poétique créative


Puiser dans les ressources de la poésie de quoi enseigner des concepts scientifiques, voilà qui semble étonnant. Pourtant, une chercheuse de l’université du Wyoming, Bethann Garramon Merkle, vient de publier les résultats de recherches allant dans ce sens. Par le poème, l’enseignement de concepts scientifiques serait en effet facilité...


Art or Science?
Kari, CC BY 2.0
 

L’idée est simple : les études scientifiques permettent de proposer des détails et des variables en relation avec un sujet précis. Mais par le jeu poétique, il deviendrait possible de résumer les recherches effectuées, et de les rendre plus faciles à saisir. 

Bethann Garramon Merkle cite ainsi un rapport sur l’état du climat. Le scientifique a commencé à écrire des haïkus pour adopter une autre approche stylistique. Et à mesure que l’exercice se développait, ses confrères ont trouvé qu’ils avaient là un moyen efficace de synthétiser un grand nombre d’informations.
 
Mais plus encore, en basculant vers une écriture qui n’est plus celle de la prose scientifique, Merkle constate que ses élèves sont en mesure de sortir de leur grille de lecture traditionnelle.

« Il est très important qu’en sciences, nous ne considérions pas les arts et sciences humaines comme un moyen de simplement rendre les sciences attrayantes. Arts et science peuvent être un moyen très efficace pour changer la manière dont les gens pensent et font les sciences », indique-t-elle.

Autre exemple, par l’un de ses confrères : pour un cours de chimie de niveau universitaire, écriture poétique et illustrations ont été mélangées. Les élèves ont déclaré qu’avec cette approche, plus créative, ils ont mieux retenu et appris. 
 
Lucrèce, rentre dans ce corps  

Difficile de ne pas penser que les Anciens avaient déjà trouvé un filon, en associant poésie et science. Quand le poète latin Lucrèce rédige De natura rerum, manuel philosophique autant que scientifique étayant la pensée épicurienne, c’était déjà en vers qu’il le faisait. L’hexamètre dactylique, alors employé pour les récits épiques, sert à présenter la nature du monde – et notamment ces notions d’atome et de vide, loin de la réalité scientifique aujourd’hui constatée, mais quelle vision !

Les Travaux et les jours d’Hésiode en serait une autre preuve : poème didactique, et véritable cosmogonie, il n’en est pas moins un ouvrage – une fois la matière mythologique passée – sur les travaux des champs. Et finalement, un traité d’agriculture réunissant les éléments concrets et utiles aux paysans. 
 

La poésie scientifique a connu des dérives et l’on se souvient des propos de Voltaire sur la question : « Rien n’est plus déplacé que de parler de physique poétiquement, et de prodiguer les figures, les ornements, quand il ne faut que méthode, clarté et vérité. C’est le charlatanisme d’un homme qui veut faire passer de faux systèmes à la faveur d’un vain bruit de paroles. »

Ainsi, le philosophe s’exprimait-il dans son article sur Aristote (tiré de Questions sur l’encyclopédie).

On pourra retrouver l’étude sur science et poésie dans Academic.


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