Quand la Poste livre moins de colis, à cause de frais de ports facturés

Clément Solym - 22.07.2014

Edition - Economie - colis frais - livraison poste - Angleterre Amazon


On en vient à croire qu'il n'est plus possible d'aborder le moindre pan de la vie marchande, sans que la société de Jeff Bezos ne se retrouve de près ou de loin au coeur du problème. Cette fois, c'est la Royal Mail, les services postaux britanniques, qui sont au coeur du sujet. Et les pertes enregistrées, que l'on attribue volontiers à la société américaine...

 

 

Royal Mail

zoonabar, CC BY SA 2.0

 

 

Pour les commandes inférieures à 10 £, Amazon a en effet décidé de supprimer la gratuité des frais de port, ce qui a fortement impacté les résultats de des services postaux de Sa Majesté. Les volumes ont augmenté de 1 %, mais les recettes ont diminué de 1 % sur le deuxième trimestre. Or, la mesure prise par Amazon allait avoir des conséquences, alors que la Royal Mail a été privatisée l'année passée. 

 

C'est la fin de la Lune de miel, assure Richard Hunter, responsable des services. Selon lui, le faible nombre de colis expédié est une véritable préoccupation : assiste-t-on à une tendance visible, suscité par un phénomène transitoire, ou un changement structurel ? On serait tenté de regarder du côté des ventes de livres pour s'en rendre compte : le marché se porte correctement, mais les ventes d'ebooks ont encore augmenté, de 10 %, sur le premier semestre. 

 

Outre-Manche, la mesure amazonienne est pointée comme une vraie problématique. Non seulement la fin des frais de ports gratuits pose un souci, mais surtout le développement d'un service de distribution en propre est susceptible de nuire plus encore à l'activité de la Royal Mail. 

 

Factuellement, la réduction du nombre de colis, provoqué par la fin des petits achats de mois de 10 £, a été préjudiciable, assure la société. Et le mois de juin a également enregistré un ralentissement, dans le secteur de la distribution. Le chiffre d'affaires est en hausse, certes, de 3 %, mais la question reste entière. Moya Greene, CEO, estime que les trois premiers mois avaient marqué un changement, avec une croissance faible du chiffre d'affaires. Mais la suite laisse se profiler un certain déclin.

 

« Compte tenu des défis croissants auxquels nous sommes confrontés sur le marché des colis au Royaume-Uni, notre CA pour ces derniers, sur l'ensemble de l'année, est susceptible d'être plus faible que nous ne l'avions prévu. » Il va falloir apprendre à maîtriser plus encore les coûts, pour garantir une sortie de crise. (via Market Wire

 

Et demander à Amazon de revenir sur ses positions ?