Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Quand le marché de l'ebook inspire des analyses parfois bipolaires

Julien Helmlinger - 18.08.2013

Edition - Economie - Marché - Industrie du livre - Livre numérique


Depuis qu'un rapport de l'Association américaine des éditeurs a fait état d'une baisse de croissance sur le marché du livre numérique, en se basant sur les résultats compilés des membres de l'AAP au cours du premier trimestre 2013, les experts multiplient les hypothèses. Avant ce ralentissement des ventes, nombreux étaient ceux qui tablaient sur une éventuelle cannibalisation du format papier au profit de l'essor de l'ebook. Mais désormais, on évoque tantôt une stabilisation voire même parfois un possible crash du segment. Les rumeurs les plus extrêmes semblent exagérées.

 

 

 Flickr - CC by 2.0

 

 

Au cours du mois de juin, Nate Hoffelder de Digital Book World relayait ledit rapport. Les ventes de livres numériques pour adultes affichaient alors une hausse de 13 %, quand les titres pour enfants avaient chuté de 30 %, avec un marché global de l'ebook passé de 374,8 millions $ à 393,6 millions $, soit environ 5 % de croissance. Pour l'observateur, le bilan bien que revu à la baisse resterait toutefois positif.

 

Une analyse ultérieure, publiée via The Christian Science Monitor, va dans le même sens de l'optimisme économique. Admettant que si son pourcentage de croissance a certes diminué, le marché numérique a néanmoins été démultiplié entre 2008 et 2012, passant de 10 millions à près de 457 millions de livres écoulés. Dans les faits, les ventes auraient donc continué d'augmenter, tout comme la part du numérique sur le marché des deux formats cumulés. Ainsi, comme l'exprime Nathan Bransford, il n'y aurait pas tant lieu de jaser sur une surestimation du potentiel de l'ebook, car la seule constante resterait la croissance...

 

Nicholas Carr a également partagé ses propres conclusions. Pour lui, il n'y aurait pas de véritable révolution numérique. Il annonçait déjà en janvier dernier que le livre papier avait toutes ses chances de perdurer, et de cohabiter avec l'ebook. Plus tôt ce mois-ci il ajoutait que l'on était bien loin d'une domination du numérique sur le marché, mais que la part du numérique devrait se stabiliser durablement.

 

Carr estime que les lecteurs souhaitant transiter vers la lecture numérique ont déjà franchi le pas, qu'à partir du moment ou un certain seuil de pénétration serait atteint, les autres lecteurs entendraient probablement continuer de lire du fomat cartonné. Quand les graphiques qu'il a publiés sur son blog pour illustrer son propos, toutefois, ont conduit les plus alarmistes à imaginer qu'ils étaient susceptibles d'annoncer un futur crash sur le segment.

 

Et Nate Hoffelder de réagir aux derniers propos de Nicholas Carr, en émettant l'hypothèse que l'apparente stabilisation dans les chiffres pourrait bien petre dûe au seul hasard. Et soulignant le fait que la croissance du segment littérature Jeunes Adultes, en numérique, serait déjà repartie à la hausse dernièrement.

 

Affaire à suivre...