Quand le ministère de l'Education triche pour répondre aux questions des députés

Clément Solym - 13.01.2010

Edition - Société - ministère - éducation - flagrant


Passant outre toutes les règles de bonne conduite à l’égard du respect du droit d’auteur, le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a été surpris en flagrant délit de copie. Alors qu’il était interpellé par un parlementaire sur la question du « chèque éducation », le mauvais élève a cru bon de pouvoir reprendre à son compte de longs passages tirés d’un article du site Wikiberal traitant de la question.

Problème, le ministre n’a pas du tout présenté ces citations comme étant ce qu’elles étaient… Quand on est à la tête du ministère de l’Education, tricher ne passe pas très bien. Et, très vite, les journalistes du Net ont réagi, en dénonçant vivement cet acte de recopiage, précisément ce que l’on invite les élèves à éviter de faire... Rue89 en tête, mais aussi le blog de Lexington se sont emparés du scandale alors même que la loi Hadopi va rentre en application dans quelques semaines.

C’est le député UMP Christian Vanneste qui avait interrogé le ministre de l’Education. La réponse proposée par Luc Chatel commence par ces mots : « Il existe, au niveau international, plusieurs types de chèque scolaire, communément appelés chèque éducation, mais ils partagent une caractéristique commune : au lieu que les établissements scolaires soient directement subventionnés, ce sont les parents qui reçoivent un chèque dont le montant représente le coût de l'éducation de leurs enfants.

Or, on retrouve presque les mêmes mots dans l’article consacré à la question sur le site Wikiberal. Interrogé par l’AFP, le ministère a donné une réponse très simple. Les questions écrites sont pléthores. En 2009, on en comptait ainsi 2185 et ce sont des services dédiés qui s’occupent d’y répondre. L’actuel directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquier, a reconnu l’usage tout en admettant qu’une réponse plus personnelle aurait été la bienvenue.