Quand les collégiens demandent plus d'autorité

Clément Solym - 20.04.2008

Edition - Société - collégiens - autorité - Aubervilliers


Une soixantaine d’élèves de 4ème et 3ème ont écrit différentes lettres envoyées à l’inspection académique afin d’alerter les autorités compétentes sur la dégradation de leurs conditions de travail.

Ces lettres font état du quotidien de ces élèves qui tentent de travailler au milieu d’un monde d’une grande violence. Mieux que la parole des enseignants, voici celle des élèves, vivante et spontanée. Elle ne peut laisser indifférent les instances chargées de la répartition des moyens en termes d’éducation.


Le poids des mots :

« Réagissez vite s'il vous plaît Mr l'Inspecteur », « Moi personnellement je ne peux plus travailler dans ces conditions et je vous informe que j'ai un avenir devant moi, que j'ai un brevet, un bac et un métier à obtenir ». Une orthographe et une syntaxe difficile, mais des mots qui sonnent juste.

« Des élèves à l'intérieur et à l'extérieur du collège s'amusent à jetter des bouteilles remplies d'acide, des poubelles, des oeufs, des tomates... sur les élèves », raconte la jeune fille. « Et encore ce n'est pas tout !, poursuit-elle. Nous ne sommes pas en sécurité ! Il y a des agressions physique et verbale. Dans ce collège, des élèves s'amusent à interrompre les cours d'autres élèves (...). D'autres sèchent leurs cours et trainent dans les couloirs, se mèttent à crié comme des sauvages. D'autres saute la grille. »

Un incident de trop : l’élément déclencheur

Cette initiative a vu le jour à la suite des derniers événements qui ont eu lieu le mardi 8 avril dernier. Des jeunes de l’extérieur ont pénétré à l’intérieur de l’établissement. La situation s’est rapidement agravée avec le jet de mélanges explosifs dans la cour. Les jeunes sont allés semer le trouble au sein de l’ensemble de l’établissement. Ouvrant les portes des classes, ils jetaient des œufs. Même s’ils portaient des capuches, il n’était pas difficile de reconnaître d’anciens élèves ou encore d’autres renvoyés définitivement de l’établissement.

C’est un professeur de français qui propose alors de faire réagir directement les collégiens en leur demandant d’écrire à l’inspecteur d’académie. Fatima, une élève de 3e, dit avoir très peur. « Heuresement que l'année prochainne je ne serai plus la. Ma soeur si et sa m'inquiette car c'est pas la première fois que sa arrive. Il y a toujours des bagarres, du rackettage (...). »

Nora, une 3e souvent absentéiste, décrit sa vision très sombre de l'établissement. « Des anciens élèves du collège rentre dans le collège en vélo pour faire le bordel, l'année dernière ils ont brûlés la segpa (la cage d'escalier de la section d'enseignement adapté avait été détruite). Les toilettes sont salle il y a même pas de papier toilette. Dans les salles les tables sont sales car il ya des écritures dessus, des cheewing-gum collé partout. »

Au-delà des seuls événements du mardi 8 avril, c’est tout un passif qui refait surface, un climat pesant qui règne sur l’établissement. La peur des coups, du racket, le ras le bol des élèves face à des situations qui dégénèrent constamment. Ils demandent alors plus de moyens pour pouvoir travailler dans des conditions normales. Depuis trois ans déjà, le personnel de l’établissement se met fréquemment en grève afin d’obtenir davantage de moyens, en vain.

Les élèves demandent davantage de fermeté

Allant plus loin, les élèves réclament de la fermeté, de la répression. Nayla, élève de 3e, suggère d'installer des caméras de vidéosurveillance « un peu partout dans le collège » afin de ne plus avoir peur dans les couloirs. « J'aimerais que il y a la police (à côté de l'entrée) », explique un 4e. « Nous exigeons des grille fermé, des porte blindé et une tenue classe pour montrer une bonne image pour l'année prochaine dans le collège », écrivent Karim et Christophe.

  Un 4e pense que « les éducateurs devrait être plus sévèr en vers les élèves ». Tous veulent des contrôles plus efficaces à l'entrée pour limiter les entrées intempestives d'adolescents extérieurs. Jenny a le dernier mot en écrivant au bas de sa lettre le fond de sa demande : « Plus d'autorité ! ». Les prénoms originaux ont été remplacés pour préserver le secret de leur identité.




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