Quand les futurs parents s’inspirent de la littérature pour choisir un prénom

La rédaction - 16.03.2016

Edition - Société - Prénoms enfants - parents littérature - inspirations romans


Pas facile aujourd’hui pour les futurs parents de choisir les prénoms de leurs enfants ! Il y eut une époque où le nouveau-né était nommé en fonction du saint du jour de sa naissance, ou héritait du prénom de son père/de sa mère. Cette pratique est encore très courante aux États-Unis, où les enfants prennent le nom du parent de même sexe (surtout les garçons) auquel on ajoute le suffixe « junior ». Pour simplifier, certains sont désignés uniquement par une abréviation : MJ pour Mike Junior par exemple.

par Morgane Decoret

 

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Mais de nos jours, il existe une multitude de prénoms parmi lesquels les parents peuvent piocher ! Et si celui-ci est trop courant, il suffit de rajouter une lettre, une syllabe ou de modifier l’orthographe ! 

 

Cependant, depuis quelques années, ce qui compte pour beaucoup de parents, c’est l’originalité. Pour trouver un prénom unique à leur enfant, ils ont plusieurs techniques. Il y a quelques années, la mode était aux prénoms composés : Lily-Rose, Lisa-Marie… En 2016, les parents préfèrent parfois de fabriquer un prénom de toutes pièces. Mais les plus littéraires d’entre nous opteront plutôt pour des prénoms oubliés par la société, mais préservés entre les pages…

 

À chacun son époque ! 

 

Les fans de lettres classiques se tourneront peut-être plus vers les noms issus de la mythologie et des tragédies grecques. 

 

Cassandre était une prophétesse maudite par Apollon après avoir refusé ses avances. En représailles, celui-ci la condamna à ce que ses prophéties ne soient jamais prises au sérieux. Même si Cassandre prédit la chute de Troie dans la guerre qui opposa les Grecs aux Troyens, personne ne l’écouta et la ville tomba aux mains des ennemis. Depuis les années 2000, il y a eu plus de 300 naissances par an en moyenne de petites filles nommées Cassandre. Hermione, quant à elle, était la fille de Ménélas et Hélène de Troie. Avant de devenir l’Hermione Granger de la saga Harry Potter qui a rendu le prénom populaire, elle était également un personnage de la tragédie Andromaque, écrite par Racine et publiée en 1668. 

 

Si ces deux prénoms suscitent plus l’étonnement que la moquerie, d’autres, comme Ulysse, Achille ou Hippolyte (le fils de Thésée et d’une Amazone dans la mythologie) sont plus difficiles à porter. Bien que ces prénoms réfèrent à des héros dont l’histoire se souvient plus de 2000 ans après leur mort, les pauvres petits Achilles ont parfois la vie dure ! 

 

Au contraire, certains prénoms refusent de vieillir ! Ceux de la Bible sont encore bien présents de nos jours. « Adam » est récemment repassé premier dans le classement des prénoms les plus donnés aux bébés français ! Et bien que la popularité de Marie diminue, on comptabilise encore plus de 1500 naissances par an en France. Parmi les indémodables, figurent aussi les prénoms des apôtres Pierre, Paul, Matthieu… N’oublions pas que d’autres prénoms bibliques moins courants commencent à revenir en France : Déborah, Eden, Isaac, Barthélémy, Salomon…

 

Othello et Horatio de retour dans les calendriers

 

Un peu plus tard dans la chronologie, on retrouve les prénoms issus du cycle arthurien et d’autres légendes médiévales. Ils imprègnent toujours les terres celtiques et fascinent les passionnés de littérature de l’époque. Mais là encore, pas toujours évident d’être un Lancelot, un Galaad, une Guenièvre ou une Iseult au 21ème siècle ! Et le fait que les originaux aient été de preux chevaliers de la Table Ronde ou de nobles princesses n’y change rien, les gens trouvent ces prénoms bizarres. 

 

Curieusement, d’autres noms issus de cette période ont traversé les siècles et se sont beaucoup moins démodés. De nos jours, il n’est pas rare de croiser un Tristan, un Arthur ou une Morgane. 

 

Plus récents, dépourvus de pouvoirs magiques et n’interagissant pas avec les dieux, nous avons les personnages issus des œuvres de deux des plus grands dramaturges desXVIe et XVIIe siècles : Shakespeare et Molière. L’amoureux transi Roméo, qui se suicide dans la tragédie Roméo et Juliette, jouée en Angleterre en 1590, connaît une ascension fulgurante pour son prénom depuis les années 90. De même, les appellations « Othello » et « Horatio », bien que peu attribuées pour l’instant commencent à se démocratiser grâce notamment aux séries américaines (un des personnages des experts à Miami s’appelle Horatio par exemple). 

 

Sans aller jusqu’à nommer leurs enfants Sganarelle ou Toinette, de nombreux parents ont arrêté leur choix sur Léandre ou encore Lubin, tous deux issus de pièces de Molière. On peut trouver l’un dans Les Fourberies de Scapin, l’autre dans Le Mari Confondu.

 

Pour finir, vous pouvez évidemment vous inspirer des contes pour enfants de Perrault, Grimm ou Andersen : Aurore de la Belle au Bois Dormant, Ariel de la Petite Sirène ou Aladin tirés des Contes des Mille et Une Nuits par exemple. Le prénom Tiana a également séduit beaucoup de parents depuis la sortie du film d’animation de Disney « La Princesse et la Grenouille » en 2009 et on est sûr que la Reine des Neige devrait faire grimper la côte des Anna et des Elsa ! 

 

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