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Quand les juges de prix littéraires ne lisent pas les livres de la sélection...

Clément Solym - 10.12.2019

Edition - International - jurés prix littéraire - compétition livres lecture - auteurs discrimination


Les jurés de prix littéraires ne sont pas au-dessus de tout soupçon. Une étonnante histoire venue de Grande-Bretagne provoque l’émoi de la Communauté du Livre. En cause, une membre de jury qui annonce sa démission, parce que ses coreligionnaires… n’avaient pas lu les livres dans leur intégralité.


pixabay licence
 

Parti-pris sexiste ? Paresse intellectuelle ? Les interprétations vont bon train. Reste que Lesley McDowell, membre du prix Saltire Scottish, qui célèbre de la fiction écossaise, l’a mauvaise. Elle qui avait fermement défendu le livre de Lucy Ellmann, Ducks, Newburyport, s’est retrouvée aux prises avec ses camarades de jeu. 
 

Plainte contre X, Nina X


Ce monologue de 1000 pages avait déjà fait parler de lui lors de la remise du Booker Prize. Son éditeur déplorait en effet que Margaret Atwood soit saluée pour l’ensemble de son œuvre, par la prestigieuse récompense britannique… au détriment de son autrice. « Nous avons été conduits à croire que c’était un prix pour un livre, pas un prix de carrière. C’est dévastateur. Pourquoi jouer ? », déplorait-il. « En quoi est-ce juste ? » 

L’affaire Saltire Scottish apportera une eau tout autre à son moulin : remise au National Museum of Scotland, ce prix de fiction est ainsi allé à Ewan Morrison, pour Nina X, « un grand travail d’imagination, montrant la modernité numérique à travers les yeux d’une jeune femme arrivant dans l’existence depuis les confins d’une commune maoïste ». Certes.

Or, Lesley McDowell s’emporte : deux des trois jurés qui participaient au prix ont devant elle reconnu qu’ils n’avaient pas achevé la lecture du livre de Lucy Ellemann. Inadmissible, surtout quand le roman de Morrison a été choisi par trois voix contre deux.
 

Paix sur Terre aux prix de bonne volonté


Pour McDowell, le scandale vient aussi de ce que l’on envisagerait, par cette récompense, de saluer le travail d’un homme ayant écrit sur une femme, quand trois romancières avaient elles pris une femme également pour sujet. Le problème ne réside pas tant dans cette orientation, mais « dans de telles circonstances, le choix du sexe importe », souligne-t-elle. « Une femme était négligée, et son livre n’avait pas même été achevé. »

Un couac teinté de sexisme, estime-t-elle. Mais Sarah Mason, directrice de la programmation de l’événement, ne l’entend pas de cette oreille. « Le prix de la fiction 2019 est composé d’un jury de cinq juges, trois femmes, deux hommes, sous le parrainage d’un président indépendant, une femme. »

Selon elle, le livre gagnant « a été choisi par la majorité. Nous estimons que ce processus, qui est juste, peut empêcher certains jurés de voir leur titre favori l’emporter. » La justesse commençant, évidemment, par donner les mêmes chances à toutes les œuvres en compétition.

via Guardian, Scotman


Commentaires
Je n'en suis pas du tout étonnée. Pour avoir expérimenté, parfois la qualité littéraire n'est absolument pas prise en compte, seul le nom (de l'auteur ou de la maison d'édition) compte car connu... C'est, hélas, souvent le cas. Donc, il ne juge que sur le nom qui brille...
C'est gai! Incompétence généralisée. L'avenir du livre fiche la trouille.

Enfin, nul besoin d'un prix, quand un auteur est bon, il a ses lecteurs.

Le reste se passe de mots, rentabilité, gros sous and C°.
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