Quand les réseaux sociaux volent au secours des libraires

Antoine Oury - 16.01.2014

Edition - Librairies - librairies - réseaux sociaux - mobilisation


C'est une bien jolie histoire, de celles qui font sourire Jean-Pierre Pernaut au 13h : en Angleterre, dans le comté du Nouveau Yorkshire, un libraire faisait face à une situation insurmontable. Un mauvais mois, et voilà que les finances de la boutique menaçaient sa survie : le libraire a alors posté un message sur Facebook, invitant les clients à le soutenir en réalisant des achats.

 


Books Bought & Sold

(Lydia, CC BY 2.0)

 

 

 Pari réussi : « Urgent ! Nous avons besoin de clients. Hier, la boutique a encaissé 7,50 £ (ce qui donne un déficit de 0,50 £ après déduction du prix du livre et du chauffage), et le jour précédent 13 £ (soit 6 £ après déduction des frais). Aujourd'hui, nous avons encaissé, pour le moment, 6 £. Il est certain que nous ne pourrons pas continuer comme cela, et qu'un point d'interrogation remplace le futur de la boutique », avait posté David Ford, le libraire.

 

Le lendemain, un samedi, les craintes étaient envolées, ou du moins repoussées : le libraire avait enregistré pour ce samedi près de 400 fois le montant des jours précédents. C'est clairement le message sur les réseaux sociaux qui a incité les clients, d'après le libraire. Quand les difficultés de la librairie deviennent un sujet récurrent dans les médias, un message-choc, clair et transparent, expliquant la situation financière, semble plus efficace.

 

Outre la promotion qu'offrent les réseaux sociaux pour les événements en librairie, ils constitueraient donc un bon moyen d'engager ses lecteurs sur le long terme, et de leur signaler lorsqu'un achat de livre de leur part se fait urgent, voire indispensable, pour la survie du commerce.

 

En France, de la même façon, les réseaux sont de plus en plus utilisés pour tenir les citoyens au courant de la situation d'une librairie. Dès les premières difficultés, les salariés du réseau Virgin avaient ainsi mis en place une page réservée au combat pour les salariés, qui pouvait servir de relais utile.

 

 

 

 

 

De la même manière, les salariés de la librairie Arthaud de Grenoble ont créé comptes Facebook et Twitter pour relayer les initiatives et conserver un lien plus direct avec les médias et les clients.

 

 

Quand la situation devient critique, inutile de négliger les différentes pistes : un compte LinkedIn permet également aux employés mobilisés de contacter plus rapidement un journaliste. Ainsi, c'est par le réseau professionnel qu'ActuaLitté a pu être prévenu du lancement d'un second album de planches de BD pour soutenir Arthaud.

 

À notre connaissance, aucun cas de recouvrement de créance n'a pour l'instant eu lieu après un post sur les réseaux sociaux, même si des clients ont déjà été sollicités par des libraires pour ce faire. Aux Rencontres nationales de la librairie de Bordeaux, en juin dernier, une libraire confiait ainsi avoir fait appel à ses clients les plus fidèles pour leur emprunter de l'argent...