Quand les services secrets britanniques ont protégé le tome 6 de Harry Potter

Orianne Vialo - 11.04.2016

Edition - International - Harry Potter et le Prince de sang-mêlé - Bloomsbury Publishing - service de renseignements électroniques du gouvernement


Qu’un roman dont le succès est assuré puisse être plus convoité qu’un contenu de coffre-fort, cela n’est pas si étonnant. Surtout quand on évoque l’empire que la Britannique J.K. Rowling a bâti avec l’histoire de son petit magicien. En 2005, le sixième tome de la saga Harry Potter, provoquait une fièvre contagieuse chez l'éditeur Bloomsbury Publishing. Ce dernier décida de faire appel à un organisme de surveillance du Royaume-Uni, pour éviter toute fuite du roman Harry Potter et le Prince de sang mêlé. 

 

Harry Potter and the Half-Blood Prince Book Cover

(Lordcolus / CC BY 2.0)

 

 

Étonnant que le scénario d’un ouvrage puisse à ce point être considéré comme un « secret d’État ». Pourtant, Nigel Newton, fondateur de la maison d’édition anglaise Bloomsbury, choisit de contacter la GCHQ (service de renseignements électronique du gouvernement au Royaume-Uni). Et ce, pour protéger l'immense révélation que contenait le nouveau roman. 

 

L’agence d’espionnage, plus connue pour ses investigations à l’encontre des terroristes et des cybercriminels, incarnait à l'époque l'unique rempart : le risque de fuite du contenu du manuscrit était devenu un enjeu de sécurité nationale. « Je me rappelle d’une conversation téléphonique que j’ai eue avec J.K. Rowling. Elle m’a demandé de divulguer le nom du roman suivant, après qu’elle ait surpris des gens en train de chercher ses notes dans ses poubelles », dévoilait l’éditeur dans une interview accordée à la radio australienne Australia’s ABC Radio.

 

Déjà inquiet quant à une éventuelle fuite de l’intrigue, Nigel Newton avait déjà auparavant mis en place des mesures de sécurité drastiques, en embauchant des agents de sécurité et des chiens pour protéger l’imprimerie où le livre de J.K. Rowling se trouvait en cours d’impression. Malheureusement, un gardien de sécurité avait réussi à se procurer un exemplaire du manuscrit pour le revendre à un journaliste.

 

L’éditeur affirme d’ailleurs que ce journaliste avait été envoyé par un célèbre tabloïd avec 5.000 £ en poche, afin de se procurer une copie du livre avant sa mise en vente officielle. 

 

C’est pour ces raisons que Nigel Newton a décidé d’employer une solution plus radicale, en faisant appel aux services de renseignement anglais. D'ailleurs, attention aux spoilers qui suivent si vous n'avez toujours pas ouvert Harry Potter.

 

L’éditeur a également révélé à la radio australienne qu’il considérait la préservation totale de l’intrigue plus que primordiale. « Si des journaux s’étaient mis à titrer “Dumbledore meurt”, avant même que le livre ne soit publié, quel plaisir les lecteurs pouvaient-ils tirer de ce livre dont ils connaissaient tout un pan de l’histoire ? » s’indignait Nigel Newton.

 

Basé à Cheltenham Gloucestershire, le « quartier général des communications du gouvernement » devait donc retrouver les éventuels pirates qui auraient réussi à se procurer le précieux sésame.

 

« Nous avons heureusement beaucoup d’alliés », déclarait Nigel Newton, toujours dans une interview à la radio australienne Australia’s ABC Radio. « J’ai eu la GCHQ au téléphone, qui m’a annoncé qu’ils avaient détecté une copie du début du manuscrit sur Internet. Heureusement, après relecture, il s’est vite avéré qu’il ne s’agissait pas des écrits de J.K. Rowling. » 

 

En tout, sept volumes de la série ont été publiés, et près de 450 millions d’exemplaires se sont écoulés à travers le monde. Le dernier épisode des aventures du sorcier à lunettes, Harry Potter et l’enfant maudit, devrait être publié cet été.

 

Sollicitée par le journal The Sunday Times, une porte-parole des services de renseignement s’est contentée de déclarer : « Nous ne ferons aucun commentaire sur notre défense contre les Forces du Mal. » C’est Voldemort qui doit enrager…

 

(via BBC, Australia's ABC Radio)