Quand M. Sarkozy ne sait plus quoi dire, il s'en prend à l'absentéisme scolaire

Clément Solym - 22.04.2010

Edition - Société - absentéisme - scolaire - Sarkozy


En déplacement à Bobigny mardi dernier, le président de la République est venu reprendre les commandes sur le terrain de la sécurité, un thème de prédilection pour l’ancien ministre de l’Intérieur. Et lorsqu’il a parlé un peu de tout et de rien, qu’il sent qu’il va perdre son auditoire, c’est le moment pour Nicolas Sarkozy d’enclencher son discours sur l’absentéisme scolaire.

Depuis plusieurs mois, ce sujet revient tel un serpent de mer, à chaque nouveau discours. Si le problème de l’absentéisme scolaire est une triste réalité à laquelle il faut s’attaquer, cette instrumentalisation politique de la question apparaît totalement déplacée. C’est ce qu’a tenu à rappeler le SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement, dans un communiqué.

Lorsque Nicolas Sarkozy relance l’idée de la suppression des allocations pour les familles dont les enfants sont trop souvent absents, il ne règle en rien la situation. Et, si la mesure existe déjà, elle n’a jamais été mise à exécution. Quant à son éventuelle efficacité si elle finissait par être appliquée, elle est loin d’être démontrée.

Comme l’ont récemment mis en lumière les états généraux sur la sécurité à l’école, l’absentéisme scolaire est un problème nettement plus complexe. Son traitement nécessite une meilleure orientation des élèves mais aussi un dialogue approfondi avec les familles.

Quant à mettre en place un bureau dans les 53 établissements scolaires les plus sensibles à l’attention d’un policier référent, comme l’envisage Nicolas Sarkozy, ce n’est qu’une mesure avant tout symbolique. Cette action ne changera pas profondément la situation de ces établissements qui sont pris dans une violence qui touche le quartier dans lequel ils se trouvent.