Quand Macé-Scaron pigeait pour Sarkozy - avant de le haïr

Clément Solym - 05.01.2012

Edition - Société - Joseph Macé-Scarron - Nicolas Sarkozy - plume


Aïe, aïe, aïe... Ça ne suffisait pas qu'on lui tire l'oreille pour des emprunts plus ou moins bien justifiés : il fallait maintenant que l'on fasse ressortir un passé de nègre du président actuel. Le pauvre Joseph Macé-Scaron, décidément, entre 2011 et 2012, le vent ne tourne pas en sa faveur.

 

L'information provient de Frédéric Martel, auteur chez Flammarion d'un ouvrage, J'aime pas le sarkozysme culturel et réaffirme des propos que l'intéressé JMS aurait tenus durant La grande librairie de François Busnel, dans l'émission du 19 mai 2011, diffusée sur France 5. 

 

Retour vers le futur...

 

À ce moment, l'information ne semble pas intéresser grandement la presse. Mais Frédéric Martel vient de la recontextualiser dans un passage de son livre.

 

On le sait peu, mais Macé-Scaron fut même, au début des années 2000, la plume de Nicolas Sarkozy, y compris pour des livres qui ont fait l'objet de critiques récurrentes pour plagiat. Sarkozy victime de son nègre Macé-Scaron ? Ce serait hilarant. Il suffit de relire Libre, pour retrouver sous la plume de Nicolas Sarkozy les obsessions du Macé-Scaron de La Tentation communautaire (que ce soit à travers les belles pages sur le plaisir de la lecture, la nécessité déjà gramscienne pour la droite de renouer avec le « monde culturel », le passage sur le pacs et les critiques sur le coming-out de Bertrand Delanoë, la dénonciation du communautarisme de SOS Racisme ou des excès du film Baise-moi, pour ne pas parler de ces lignes dithyrambiques sur Disneyland Paris).

 

Les éléments en gras auront d'ailleurs et finalement été retirés du livre en question. Un passage qui cible directement l'homme de médias que peut être JMS.  Frédéric Martel avait pris le temps d'avertir JMS la veille de ce contenu pas vraiment tendre dans un email, ainsi qu'il l'explique sur le blog sur le Sarkozysme culturel.

Cher Joseph, 

Je souhaite te prévenir que dans mon petit livre « J'aime pas le sarkozysme culturel » qui paraît demain, il y a une séquence qui t'apparaîtra critique à ton égard.
J'ai beaucoup réfléchi avant de l'écrire, mais c'est la confirmation de ton travail de « plume » de Sarkozy qui m'a définitivement convaincu de la laisser.
Tu trouveras peut-être cette séquence déloyale mais je pense au contraire qu'elle te sera utile et qu'elle est bienveillante. 

 

Aujourd'hui, les choses ont bien changé entre la réalité que (re)présente JMS et ce personnage de jadis. On se souviendra, qu'en 2005, ce même Joseph dirigeait le Figaro Magazine, et avait été pris en flagrant délire par les journalistes de BakchichTV.




Or, le personnage Scaron, aujourd'hui, c'est tout au poème, si l'on se fie aux commentaires qu'il publie sur son mur Facebook.  «TVA sociale, décidément, cette présidence aura été riche...en oxymores. Tenteront-ils la droite populaire? - ah, non, ça c'est déjà fait..»  ou encore « Conseil amical à l'UMP et Nicolas S. : "Attention, bouffer de la Turkey avant Noël peut conduire à une grave indigestion..." »

 

Jusqu'à des images publiées et assorties de petites saillies particulièrement osées : 

 

 

Et Frédéric Martel de pointer : 

Du costume-cravate, il est passé au polo Fred Perry et aux tatouages. Et après avoir été un père de famille, marié et petit-bourgeois dénonçant le communautarisme homosexuel, il est devenu un militant gay rigolo. Entre temps, bien sûr, il a été brutalement limogé du Figaro Magazine et en a rejeté la faute, par mégalomanie, sur Nicolas Sarkozy – alors que celui-ci, en réalité, n'y était, pour une fois, pas pour grand-chose. C'était surtout oublier ce qu'il lui devait, à commencer par certaines nominations dans les médias 

Avant de passer à la mise à mort

Voici donc aujourd'hui ce donneur de leçons de talk-show, portant bravement son anti-sarkozysme, sa gaytitude et même son art de la kleptomanie en bandoulière. Peut-être qu'un peu plus de rigueur, de sincérité et un peu moins d'arrogance et de dispersion, permettront à Macé-Scaron de retrouver sa voie. Je le lui souhaite, en toute amitié, et lui conseille de prendre du champ ou de relire Montaigne qui écrivait « Il faut vivre à propos ». 

 

Dont acte... 




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.