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Quand onze éditeurs de langue bretonne se fédèrent : Kuzul ar brezhoneg

Auteur invité - 18.10.2018

Edition - Les maisons - éditeurs langue bretonne - Kuzul ar brezhoneg - mutualisation éditeurs Bretagne


Kuzul ar brezhoneg (kab), conseil de la langue bretonne, fondé en 1952, fédère une vingtaine d’associations culturelles de langue bretonne, dont onze maisons d’édition. Le premier emploi salarié date de 1982. Aujourd’hui, la structure compte cinq salariés dont un pour la seule maison d’édition al liamm.
 

Riwanon Kervella à droite, et les salariés de KAB © C.Barbedet

 

Le patrimoine matériel et immatériel de Bretagne, vecteur d’un imaginaire singulier et d’itinéraires enchanteurs, est en tête de lice chez nombre d’éditeurs qui traduisent en mots et en images des chemins balisés ou de traverse. Certains se spécialisent, telles les éditions Chasse-Marée, avec un millier d’ouvrages sur la mer publiés depuis plus de trente ans.

D’autres sont généralistes, tel Locus Solus Édition, qui décline un catalogue à l’encre contemporaine, grand public, riche de témoignages, de découvertes nature, d’art, d’histoires pour enfants. Nombre d’initiatives éditoriales ont pour vocation la transmission d’une diversité plurielle, culturelle et linguistique, en breton ou en gallo. Certaines d’entre elles ont choisi de se fédérer pour partager des outils professionnels. 
 

Enraciné dans la tradition orale, l’art du conte, bercé par des vagues de collectage, explique-t-il seul l’intérêt de l’édition en Bretagne pour le roman noir ? Rencontre avec la présidente Riwanon Kervella.

 

Quel rôle joue Kuzul ar brezhoneg ? 
 

Nous avons répondu à la demande de petites structures d’édition associatives qui souhaitaient mutualiser les services de personnes qualifiées et peinaient à obtenir des aides publiques, en raison de leur petite taille. Chaque maison d’édition reste autonome. Nous accompagnons chacune à concrétiser son propre projet éditorial.

Nous offrons un soutien logistique et technique sur toute la chaîne du livre jusqu’à la diffusion, voire la distribution pour certaines d’entre elles. Nous gérons des droits de traduction de littérature étrangère en breton que soutient la Région Bretagne. Il est très important qu’un auteur reconnu mondialement puisse être lu en breton. 
 

Avec des éditeurs de langue minoritaire européenne ou française, souvent rencontrés sur les salons, nous publions quelques ouvrages jeunesse, parfois traduits en plusieurs langues, afin de réduire les coûts d’impression. Nous jouons aussi un rôle majeur dans la promotion de l’écriture littéraire en breton, au travers des revues Al Liamm et Al Lanv, tremplins pour les nouveaux auteurs, et le Prix Xavier de Langlais qui récompense chaque année une œuvre littéraire. 
 

Et sur le plan économique ? 


Nos services sont facturés a minima. L’engagement militant des cinq salariés, mais aussi des bénévoles, permet de publier une quarantaine d’ouvrages par an et de proposer un livre en breton au même prix qu’un livre en français.

Si nous pouvons le faire, c’est aussi grâce aux aides publiques, principalement de la Région Bretagne, sans lesquelles nous ne pourrions pas fonctionner, mais aussi grâce à nos auteurs qui souvent ne demandent pas de droits d’auteur. Ce qui n’est évidemment pas normal ! 
 

Quels sont les enjeux pour l’édition en langue bretonne ? 
 

Parmi les 250 000 locuteurs, un faible pourcentage sait lire et écrire le breton. Les amener à oser et à aimer la lecture est un enjeu. Nous souhaiterions que les médiathèques, bibliothèques proposent des séances de lecture facile et que les clubs de lecture se multiplient, mais aussi que les médias se saisissent de l’édition en langue bretonne. 
 


Autres points faibles : la diffusion et la visibilité. Kenstroll, un réseau de librairies spécialisées en culture bretonne, offrent de l’espace à nos titres. Quelques autres librairies également ici ou là en Bretagne, mais leur nombre reste faible, car très peu de place est donnée aux livres à rotation lente, mis à part des ouvrages de référence ou pédagogiques.

Nous souhaiterions être traités sur un pied d’égalité avec d’autres langues en Europe. Le Pays de Galles est un exemple pour nous. Nous souhaiterions montrer au grand public que les éditions en breton ne publient pas des titres poussiéreux, mais bien de leur temps ! 

 

Plus d’informations

 

en partenariat avec Livre et lecture en Bretagne




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