Quand Rousseau cultivait son jardin : La botanique, aux PUF

Clément Solym - 05.10.2012

Edition - Les maisons - Jean-Jacques Rousseau - lettres - Botanique


C'est un grand ouvrage que les éditions PUF vont proposer à compter du 17 octobre, un fac-similé du livre La Botanique, indisponible dans sa forme originale, depuis 1822. L'éditeur rappelle « la passion pour la botanique » qu'entretenait JJR. « Déçu par l'injustice des hommes à son égard, il trouve dans l'étude des plantes un moyen de retrouver ce rapport transparent avec la nature auquel il n'a cessé d'aspirer. » 

 

 

 

 

Ainsi, entre 1771 et 1773, le philosophe va adresser à Mme Delessert « une série de huit lettres, à la fois simples et méthodiques, sur la botanique, afin qu'elle puisse initier sa petite fille, âgée de cinq ans, à la connaissance et à l'amour des fleurs ».

 

Extrait : 

Les lettres de M. Rousseau sur la botanique sont écrites avec tant de précision, de clarté et de méthode , qu'on ne peut les lire sans être convaincu des progrès rapides qu'il avoit faits dans cette science. On regrettera toujours qu'il ne s'en soit occupé que très tard, et qu'il ne nous ait laissé que des lambeaux et de courts éléments qu'il se proposoit de perfectionner, et qui incontestablement seroient devenus de sûrs guides dans les routes tortueuses de la botanique ; et quel homme en effet étoit plus propre à simplifier les méthodes?

Il les avoit toutes approfondies : l'étude des plantes étoit devenue son amusement favori, et le plus doux délassement de sa retraite ; il y avoit sacrifié les dernières années de sa vie ; il y donnoit tous ses moments de loisir ; tout son génie enfin s'étoit dirigé vers les végétaux, qu'il considéroit comme les plus variées , les plus multipliées et les plus attrayantes des productions de la nature.

« Il n'est point, » disoit-il, d'aspect aussi riant que Geluî 53 des montagnes couronnées d'arbres, des rivières bordées de bocages, des plaines 33 tapissées de verdure et des vallons émail33 lés de fleurs. Ses rêveries, ses lettres familières, les notes qu'il avoit ajoutées à un herbier considérable, attestent son goût pour la botanique. Quelque incomplets que soient les morceaux épars où il traite de cette science, on y retrouve partout des traces de son génie, et nous pensons qu'ils doivent intéresser non seulement les gens du monde, mais encore ceux qui, par goût, veulent approfondir cette partie de l'histoire naturelle.

 

 

Un traité qui se présente comme un art pédagogique, et que le XIXe siècle avait découvert avec bonheur, dans un véritable succès européen. « Elles sont publiées, dans l'ouvrage reproduit ici en fac-similé (1822), avec plusieurs autres textes de Rousseau sur les plantes et l'herborisation, et surtout avec soixante-cinq superbes planches peintes par Pierre-Joseph Redouté, surnommé ‘le Raphaël des fleurs'. » 

 

Aujourd'hui, PUF agrémente le texte d'un avant-propos de Jean Starobinski ainsi que deux introductions : celle d'Alain Grosrichard permet de mesurer la place, souvent méconnue, de la botanique dans la vie et la pensée de Rousseau ; celle de Jean-Marc Drouin situe l'étude des végétaux dans le contexte scientifique du XVIIIe siècle.

 

Vous pouvez également retrouver les versions PDF et EPUB de cet ouvrage dans la bibliothèque numérique de ActuaLitté.