Quand un ex-catcheur s'en prend à un tireur d'élite, la justice tranche

Joséphine Leroy - 17.06.2016

Edition - International - HarperCollins Chris Kyle Jesse Ventura - Jesse Ventura procès justice - American Sniper Clint Eastwoof


Le catcheur américain avait intenté un procès pour diffamation contre Chris Kyle, tireur d’élite de la marine américaine et vétéran de la guerre d’Irak assassiné en 2013. Par ailleurs auteur d’une autobiographie, American Sniper (éd. Nimrod en France), Kyle décrivait une scène peu glorieuse pour Jesse Ventura. Ce dernier avait porté plainte contre Chris Kyle 2012 (soit un an avant sa mort) et contre HarperCollins, son éditeur, en 2014. Les condamnations du premier procès contre Chris Kyle ont été révisées par la Cour d’appel ce lundi. 

 

Jesse Ventura Fights Against MN Amendment

(Freedom To Marry / CC BY-NC 2.0)

 

 

Aux États-Unis, Jesse Ventura a été contredit par la justice. Après sa carrière en tant que catcheur, il s’était reconverti dans la politique, comme c’est souvent le cas Outre-Atlantique. Il est devenu gouverneur du Minnesota entre 1999 et 2003. 

 

Il avait poursuivi Chris Kyle pour diffamation en 2012, arguant le fait que le soldat l’avait calomnié dans son livre American Sniper, qui deviendra plus tard un film au retentissement mondial, réalisé par Clint Eastwood. Dans le livre, Chris Kyle décrit une scène de bagarre lors de laquelle il avait frappé un homme — qu’il appelle « face de pouilleux » ou Scruff Face —, celui-ci ayant copieusement insulté les SEALS, la force spéciale de la marine américaine. 

 

Dans une interview pour la promotion du livre, Chris Kyle avait confirmé que la «  Scruff Face » était bien Jesse Ventura, lui-même vétéran de la Marine. Lundi, la Cour d’appel des États-Unis a jeté aux oubliettes les deux condamnations de Chris Kyle — condamnations posthumes. Le premier jugement rendu exigeait qu’il paie 1,35 million de $ à Jesse Ventura pour « enrichissement abusif ».

 

La Cour a annulé cette décision, arguant qu’elle n’est pas en conformité avec la loi de l’état du Minnesota. Dans sa décision rendue lundi par la Cour fédérale d’appel, celle-ci explique que la condamnation d’« enrichissement abusif » était irrecevable parce que Chris Kyle et Jesse Ventura n’avaient pas conclu un « contrat précontractuel ou une relation quasi contractuelle avec Chris Kyle ». 

 

Chris Kyle avait été également condamné à verser la somme rondelette de 500.000 € à Jesse Ventura pour diffamation. Au total, la succession de Chris Kyle aurait dû payer 1,8 million $. 

 

La Cour d’appel a annulé les deux décisions, estimant que si la première — « enrichissement abusif » — n’était pas conforme à la loi de l’état du Minnesota, .la seconde condamnation  — celle  qui accuse de « diffamation » — méritait d'être révisée par la Cour du district pour qu’elle engage un nouveau procès. 

 

De plus, la Cour estime que le jury a été lésé par l’avocat de Jesse Ventura, qui suggérait lors du procès que tout jugement pesant sur la succession de Chris Kyle serait couvert par un contrat d’assurance auquel les héritiers souscriraien, en accord avec l’éditeur HarperCollins. 

 

Jesse Ventura a refusé de commenter la décision de la Cour d’appel, tout comme HarperCollins, que Jesse Ventura avait également attaqué en 2014, exigeant de la part de l'éditeur 150.000 $ de dommages-intérêts. Cette affaire est en cours de jugement. 

 

 

 

Chris Kyle avait été tué en 2013 par un vétéran souffrant de troubles de stress post-traumatique. L’auteur d’American Sniper s’occupait souvent des vétérans qui subissaient des chocs post-traumatiques. Lui et Chatt Littlefield, son ami, sont retrouvés morts et abattus de treize balles (provenant des armes de Chris Kyle). 

 

 

(via Star Tribune