Quand un robot personnalise les histoires pour enfants

Nicolas Gary - 23.12.2015

Edition - Les maisons - robot histoires - enfants aventures - personnaliser livres


C’est l’histoire d’une histoire, auxquelles se mêle celle d’une startup. Mais c’est avant tout l’histoire d’une profonde déception, qui décide les quatre cofondateurs à se lancer. Lost My Name avait déjà eu le droit à son coup de projecteur, lorsque Google y injecta quelque 9 millions $ pour en assurer le développement. Maintenant, le rythme de travail s’intensifie.

 

Oui, le service existe en français

 

 

À l’origine, Asi Sharabi offre un livre personnalisé à sa fille de 3 ans. Mais l’aventure s’avère plutôt ratée. Totalement ratée, estime-t-il. Alors pour faire naître un sourire sur le visage de sa petite, il contacte trois comparses, Oron, Asi Pedro Serapicos et David Cadji-Newby. Et les voici partis pour la création de Lost My Name, une maison d’édition en mesure de personnaliser les ouvrages du mieux qui soit. 

 

Le concept, dépiauté par le New York Times, est criant de simplicité. Ils développement un logiciel, conçu pour générer des versions individualisées des œuvres, en s’appuyant sur un prénom spécifique. Moralité : 150.000 prénoms pris en charge, et des ventes réalisées dans 160 pays – 370.000 exemplaires pour les États-Unis. 

 

Les histoires sont en effet générées par un robot, et, en soi, l’idée n’est pas novatrice. Seule l’opération est un peu plus sophistiquée que d’ordinaire : à l’aide des lettres du prénom, le personnage principal va par exemple rencontrer des créatures dont l’initiale du nom va servir à orienter les choix. Sam pourrait ainsi vivre des aventures passionnantes avec un Serpent, un Âne et une Mouche. 

 

Bon, peut-être l’exemple ici manque-t-il un peu de glamour... 

 

En tout cas, nous sommes loin des premières expérimentations, où l’enfant avait simplement la possibilité d’écrire son prénom dans des espaces laissés vierges. Or, le succès de Lost My Name démontre que les familles accrochent – et peut-être que leur progéniture développera par la suite des tendances narcissiques poussées.

 

Une nouvelle saga à décliner

 

L’éditeur a proposé cet automne un deuxième type de livre : The Incredible Intergalactic Journey Home, destiné aux enfants de 4 à 8 ans. Toujours sur la base d’une matrice qui sera déclinée, et personnalisée, on part cette fois dans l’espace. L’histoire aura nécessité plus de 25.000 lignes... de code. Une douzaine de développeurs ont planché, en plus de l’auteur et de l’illustrateur, pour faciliter la personnalisation. 

 

Pour ce faire, le principe est toujours le même : les clients entrent le nom, le sexe, et l’adresse de l’enfant. Des données personnelles, certes, mais dont la société assure qu’elles sont confidentiellement conservées. Ensuite, plusieurs éléments de comme la couleur de la peau et celle des cheveux sont à choisir. Puis vient l’une des neuf langues disponibles. 

 

Le logiciel travaille alors à la réalisation d’une maquette et d’un aperçu du livre, qui sera vendu pour 30 $ au client heureux. 

 

Avec The Incredible Intergalactic Journey Home, c’est un voyage dans les étoiles et un véritable vol spatial, depuis le système solaire vers la terre qui est organisé. L’enfant-personnage passera par plusieurs points de repère, comme la Statue de la Liberté, le Golden Gate Bridge ou la Tour Eiffel, avant de revenir à son propre domicile. 

 

Aujourd’hui, Lost My Name compte 30 développeurs parmi ses 70 employés...