Quatre kilos de cocaïne dans la voiture du bibliothécaire du Vatican

Julien Helmlinger - 16.09.2014

Edition - International - Drogue - Police - Eglise catholique - Fait divers


Se serait-on trompé, en accordant à la PCP, drogue de synthèse, le petit surnom religieux de « poussière d'ange » ? C'est en tout cas ce qu'ont pu se demander les douaniers savoyards, ce dimanche 14 septembre, au moment de faire leur belle prise de stupéfiants à un péage du côté de Chambéry. Ceux-ci ont contrôlé une voiture diplomatique du Vatican, à bord de laquelle circulaient 4 kilos de cocaïne et 200 grammes de cannabis.

 

 

Exode, verset... non, ligne 14 - CC by 2.0 par Adam Swank

 

 

La voiture incriminée appartient au cardinal argentin Jorge Maria Mejia, âgé de 91 ans, qui exerce en tant que bibliothécaire émérite du Saint-Siège. Cependant au moment de se faire prendre par la douane, le véhicule transportait deux Italiens âgés de 30 et 41 ans. A priori l'homme d'Église serait innocent bien que le Vatican reconnaît qu'il s'agit bien de son véhicule.

 

Le secrétaire particulier du cardinal aurait confié la voiture quelques jours avant l'arrestation, pensant la retrouver après une simple révision. Finalement les deux hommes arrêtés, s'étant présentés comme simples chauffeurs, auront estimé que la plaque diplomatique était la couverture idéale pour leur permettre de s'approvisionner sans risque en Espagne.

 

Les plaques diplomatiques c'est bien, l'immunité c'est plus sûr

 

La bénédiction conférée par la plaque diplomatique n'aura pas suffi à leur éviter le contrôle de routine pas si routinier au final. Les accusés, qui étaient dépourvus de passeports diplomatiques, après avoir vainement tenté de distancer leurs poursuivants, ont d'abord prétendu que la drogue planquée dans l'habitacle ne leur appartenait pas mais ont tous deux été placés en garde à vue.

 

Les Italiens doivent désormais être déférés ce jeudi matin au parquet de Chambéry pour être présentés à un magistrat, tandis qu'une information judiciaire devrait être ouverte au motif de « trafic de stupéfiants ». La police judiciaire de Lyon a été chargée de l'enquête par le parquet. À ce niveau de l'enquête l'État du Vatican, qui dément l'implication de ses membres n'est pas mis en cause.

 

Au cours du mois de janvier, à Leipzig, les douanes allemandes avaient quant à elles saisi quelque 340 grammes de cocaïne, contenu dans des... préservatifs adressés au Vatican par colis. Pas très catholique.

 

Une forme de cohérence, malgré tout : Benny Shanon, professeur au Département de psychologie cognitive de l'Université hébraïque de Jérusalem, avait publié un article en 2008, dans lequel il évoquait le cas de Moïse. 

 

« En ce qui concerne Moïse au Mont Sinaï, il s'agissait soit d'un évènement cosmique surnaturel auquel je ne crois pas, soit d'une légende à laquelle je ne crois pas non plus, soit enfin – et c'est très probable – d'un évènement rassemblant Moïse et le peuple d'Israël sous l'effet de stupéfiants », affirmait-il. 

 

« La Bible écrit à ce sujet que le peuple "voit des sons", et c'est un phénomène très classique, par exemple dans la tradition de l'Amérique latine, où l'on  "voit " de la musique », a-t-il ajouté.