Que la police décide des livres à lire, “cette seule pensée fait frémir”

Nicolas Gary - 18.07.2018

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Les pressions exercées sur les choix de lecture de lycéens, par les autorités locales, commencent à peser sur la liberté d’expression. Deux livres, particulièrement visés, se retrouvent au cœur de critiques sociales qui ressemblent à s’y méprendre à de la censure.


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Elvert Barnes, CC BY SA 2.0

 

 

Deux romans, The Hate U Give d’Angie Thomas et All American Boys, de Jason Reynolds et Brendan Kiely, ont fait l’objet d’attaques sévères. Accusés de présenter une image biaisée des forces de police, ces ouvrages voyaient poindre l’index déictique d’organisations locales. Et les élèves du lycée de Charleston en seraient privés, tout bonnement. 

 

Des livres Young Adult qui attisent la haine des policiers, voilà qui semblait louche. Très louche. Pour John Blackmon, président d’une organisation fraternelle de policiers de l’État de Caroline du Sud, ces livres pratiquaient une forme d’endoctrinement nuisible pour l’image de la police.

 

L’Authors Guild, qui défend les intérêts des écrivains aux États-Unis, est récemment intervenue : sa directrice générale, Mary Rasenberg, rue dans les brancards dans une lettre ouverte adressée à l’organisation policière. « Les tentatives de censure de la part des forces de l’ordre ne sauraient être tolérées dans une démocratie. Les éducateurs doivent rester libres de choisir des livres sur tous les sujets pour les lectures de leurs élèves », lance-t-elle. 

 

De la police d'écriture à la police de la pensée
 

« Cette ingérence doit cesser — attendu qu’elle est clairement basée sur le contenu des livres en question. C’est une violation flagrante du droit des étudiants, en regard du premier amendement, et une tentative inappropriée de la part des forces de l’ordre. »

 

Et de poursuivre : « C’est un principe fondamental de la démocratie que la police n’ait aucun rôle à jouer dans les livres qui devraient être ou ne pas être lus. »
 

 

Dans le même mouvement, l’AG, avec le soutien de la National Coalition Against Censorship, a également écrit à la directrice de l’établissement ciblé. « Plutôt que de restreindre les listes de lecture, nous vous exhortons à encourager vos élèves : qu’ils découvrent différents points de vue, et que cela les engage à des discussions critiques sur les enjeux sociétaux. »

 

Mais Mary Rasenberger n’en démord pas : « Qu’on laisse les enseignants enseigner. Qu’une police locale s’immisce dans les choix pédagogiques, c’est ce à quoi on s’attend dans un État policier. Cette seule pensée fait frémir. »




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