Les librairies Archambault désormais propriétés de Renaud-Bray

Cécile Mazin - 29.09.2015

Edition - Librairies - Archambault Québecor - Renaud Bray librairies - transaction industrie livre


Après l’obtention du feu vert, donné par le Bureau de la concurrence du Canada, la vente des librairies Archambault à Renaud-Bray est validée. La transaction, selon les autorités, n’exercera pas d’entraves sur la concurrence, au sein de l’industrie du livre. Quebecor se débarrasse donc de ses quatorze établissements, ainsi que du site et de sa boutique anglaise Paragraphe.

 

Archambault

Ryan Quick, CC BY 2.0

 

 

L’organisme fédéral prévoit également de publier dans quelques semaines, et dans un souci de transparence, « un énoncé de position décrivant son analyse de la transaction proposée et résumant ses principales constatations ».

 

Petite ombre au tableau. Selon Ledevoir, la décision était loin d’avoir fait l’unanimité. Yves Guillet, président des Librairies indépendantes du Québec et propriétaire de la librairie Le Fureteur, explique en effet au journal que le Bureau de la concurrence semble avoir oublié un détail : « Au Canada anglais, de telles acquisitions de chaînes ont eu un effet dévastateur sur les indépendants restants. »

 

Fin des débats, la vente est entérinée

 

Le communiqué du groupe Quebecor confirmait ce 28 septembre la vente définitive – processus amorcé le 19 mai dernier. La société « remercie tous les employés qui ont contribué à la réussite du groupe Archambault au cours de ces années et leur souhaite tout le succès possible pour l’avenir ». 

 

De son côté, Renaud-Bray, qui dispose déjà de 30 établissements sur le territoire québécois se réjouit de cette transaction. Son président, Blaise Renaud y voit « une étape importante dans notre développement pour le marché culturel francophone ». Stratégiquement, le rachat représente plus qu’une simple marche : voilà quelque temps, Renaud-Bray s’était mis en position de faire pression sur son distributeur, en cherchant à rééquilibrer les rapports de force.

 

« Vous avez des distributeurs qui se rémunèrent en important 80 % de la production de masse de la France. D’un autre côté, on essaie de développer à grands coups de subventions l’édition québécoise. Est-ce qu’on peut avoir une réflexion soutenue, profonde ? Le problème vient encore une fois des distributeurs qui touchent des royautés sur l’importation des livres français. Plus ils en importent, plus ils en placent, plus ils font de l’argent — et même s’ils traitent des retours ensuite, ils s’en foutent parce qu’ils font de l’argent là-dessus aussi », avait expliqué le président.

 

Le conflit avec le distributeur Dimedia s’était conclu peu de jour après que Quebecor et Renaud-Bray ont officialisé leur rapprochement. 

 

Mais aujourd’hui, les deux pages se tournent : « Nous sommes enthousiastes par les perspectives d’avenir qui s’ouvrent à nous, et sommes ravis de souhaiter une chaleureuse bienvenue aux employés d’Archambault qui rejoignent notre organisation. » 

 

La société sera exploitée séparément de l’enseigne Renaud-Bray, réaffirme-t-il. Et pour les curieux, le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.