Québec : hommes et femmes dans l'édition, des chiffres éloquents

Nicolas Gary - 22.11.2019

Edition - International - égalité hommes femmes - parité Québec métiers - industrie livre égalité


La parité Hommes/Femmes, un vœu pieux, probablement impossible à atteindre. Et peut-être pas souhaitable pour autant. Cependant, il importe de savoir où en sont les structures pour mesurer les efforts à accomplir et le chemin qui reste à parcourir. Pour ce faire, l’UNEQ présentait une étude à l’occasion du Salon du livre de Montréal, assez significative.


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L’exemple est frappant : sur 805 manuscrits qu’ont reçus les éditeurs québécois l’année passée, 48,9 % étaient écrits par des femmes. Cependant, 37 % d’ouvrages publiés étaient signés par elles sur l’exercice 2017-2018, indique l’étude (disponible en consultation et/ou téléchargement en fin d’article).

Il en va de même pour les subventions et financements : les femmes perçoivent 57 % des bourses, mais pour un montant de 6627 $, contre 9419 $ pour les hommes en moyenne (données Conseil des arts et des lettres du Québec, CALQ). Pour le Conseil des arts du Canada (CAC), la tendance est identique : 13.163 $ pour les femmes contre 17.005 $ pour les hommes. 
 

Regard posé sur l'industrie


L’UNEQ pose également d’autres constats dans cette étude confiée à une doctorante en études littéraires et culturelles, Charlotte Comtois, supervisée par Isabelle Boisclair, professeure en études littéraires et culturelles à l’Université de Sherbrooke. Et de rappeler qu’en 2008, une étude « avait démontré que 54 % des personnes travaillant dans l’édition québécoise sont des femmes, mais qu’elles n’occupaient des fonctions de cadre que pour 11 % d’entre elles, contre 22 % pour les hommes ».

En marge de l’étude, Laurent Dubois, directeur général de l’UNEQ, revient sur les résultats pour ActuaLitté. « On peut considérer que les chiffres ne sont pas si catastrophiques qu’on pouvait le redouter. Donc, estimer également que la parité hommes/femmes est quelque peu efficiente. Cependant, les chiffres montrent qu’en réalité, il faut travailler à tous niveaux de la chaîne. »

Le ressenti se confirme dans les statistiques : il existe bel et bien une différence de traitement entre hommes et femmes dans le milieu de l’édition, « secteur que l’on croyait préservé », ajoute-t-il. Plus de femmes réalisant des études littéraires, mais plus d’hommes publiés, une couverture offerte à la critique qui favorise les ouvrages d’hommes… et plus d’hommes critiques littéraires que de femmes…

« Une zone de parité comme celle à laquelle nous aboutissons, 40/60, me semble acceptable : cela ne signifie pas pour autant que nous jouissons d’une situation idéale. Si l’on reprend le fonctionnement des bourses accordées aux auteurs, les femmes sont plus bénéficiaires des soutiens issus des programmes gouvernementaux, mais pour de plus petits montants. Les grosses sommes vont aux hommes. »


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Travailler de concert pour améliorer la situation


L’objectif n’est cependant pas de jeter la pierre à qui que ce soit, au contraire. « La chaîne du livre doit se resserrer et réfléchir d’un front commun sur les manières d’améliorer les tendances qui se dégagent de l’étude », continue le directeur de l’UNEQ. Et à l’avenir, l’organisation aimerait approfondir le sujet pour dégager de nouvelles lignes de force.

Pour exemple, le comportement des enseignants dans l’éducation, et les recommandations de lectures ou les ouvrages étudiés. « Nous n’avons pas eu les moyens de pousser l’enquête jusque là, mais assurément nous aurions des résultats intéressants. » De même, mener l’étude sur un échantillon plus large serait plus significatif encore. 

« Et surtout, nous avons travaillé sur une démarche volontaire de la part des répondants. Peut-on imaginer que les plus mauvais élèves n’ont pas communiqué leurs données, sachant pertinemment qu’ils n’étaient pas dans les clous ? » Avec cette conclusion qui de toute manière s’impose : l’édition est un milieu de femmes, avec un traitement clairement pas égalitaire.

Un point qui n'est par ailleurs pas soulevé dans l'étude, et qu'une éditrice fait observer à ActuaLitté : au sein des organisations professionnelles, on ne compte qu'une directrice générale – pour l'Association des libraires du Québec – quand le poste est principalement occupé par des hommes – UNEQ, pour les auteurs, ANEL, pour les éditeurs ou ADELF, pour les diffuseurs. 




Dossier - Salon du livre de Montréal 2019 : Se raconter


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