Québec : le centre-ville de Lac-Mégantic dévasté, et sa bibliothèque partie en fumée

Lauren Muyumba - 17.07.2013

Edition - International - Lac-Mégantic - Accident - Train


Après la librairie qui prit feu en octobre dernier, celle dont les livres furent détruits à cause d'inondations récentes, un nouveau bilan intervient au Canada suite à une catastrophe : 60 000 documents, livres inclus, de la bibliothèque municipale du Lac-Mégantic ne sont désormais plus que débris. Cette fois, il s'agit d'un accident de train.

 

 

 

Bibliothèque Municipale de Lac Mégantic (Info-Caci)

 

 

La ville de Lac-Mégantic, à l'Est de Montréal, a été le lieu d'une tragédie le 6 juillet 2013. Le déraillement de 72 wagons-citernes contenant du pétrole, et leur explosion a provoqué la mort d'une cinquantaine de personnes, et rasé une grande partie du centre-ville. La bibliothèque municipale n'a pas été épargnée : les pertes ne se comptent pas en nombre de vies, mais en valeurs littéraire et patrimoniale. En effet, elle gardait entre ses murs de multiples documents qui retraçaient l'histoire de la ville et ses alentours.

 

La bibliothèque était plutôt récente puisqu'elle ouvrit ses portes en 1991, mais les archives dépassaient plusieurs générations : elles avaient la particularité d'être personnelles en provenant directement de plus d'une vingtaine de familles. Ces dons de documents, divers et variés, faisaient surgir indéniablement à la fois une valeur sentimentale et historique.

 

Des archives personnelles rendues publiques

 

Parmi les archives, on pouvait compter les lettres de l'oncle de Diane Roy (présidente du conseil d'administration de la bibliothèque) qu'il avait écrites pendant la Seconde Guerre mondiale; les plus anciennes photographies du Lac-Mégentic; ou encore quelques centaines oeuvres d'art originales ou de reproductions. Autrement dit, des prêts et des dons, qui se retrouvent aujourd'hui disparus à jamais.

 

Les seuls livres "survivants" ? « Ceux qui sont restés chez les gens qui les ont empruntés », a déclaré Diane Roy. La porte-parole de Library and National Archives of Quebec, Martine Rouette, s'est elle aussi exprimée pour souligner que, ce qui se retrouve aujourd'hui en poussière, était

« d'uniques documents originaux, et nous n'avons aucune copie en notre possession ».

 

Mais une lueur d'espoir est bien là, même s'il faut « revenir à zéro » et tout recommencer, ce que  

« nous avons fait dans le passé », dixit Diane Roy. Des artistes ont déjà appelé pour offrir leurs oeuvres et aider à reconstruire la collection. Comme en 1991, les citadins se sont remis à donner des pièces d'héritages pour constituer les archives. Car même si des milliers de documents ont été détruits, bien d'autres se cachent encore dans les demeures... Tout n'est pas perdu.