Québec : Les auteurs de la Courte échelle seront payés

Antoine Oury - 24.10.2014

Edition - International - Québec Hélène David - éditions La Courte échelle - droits d'auteur faillite


Début octobre, la nouvelle choquait le monde du livre québécois : les éditions La Courte échelle étaient déclarées en faillite, et une vente des actifs démarrait quelques jours plus tard. Les auteurs de la maison s'inquiétaient pour leurs droits, et la question a été soulevée à l'Assemblée nationale par la députée du Parti Québécois Véronique Hivon.

 


 

 

L'inquiétude avait doublé, alors que Nicolas Trost, directeur général de l'association Illustration Québec, relevait que la clause qui garantit les droits d'auteur en cas de faillite de la maison d'édition « serait invalidée par la Loi fédérale sur la faillite ». 132 auteurs et illustrateurs sont concernés, rapporte Le Devoir, pour près de 300.000 $ canadiens en attente de versement.

 

Après avoir souligné la perte, pour le pays, que représentait la disparition de la maison d'édition, Hélène David s'est engagée pour trouver un moyen de procéder au paiement des auteurs : « Nous sommes tristes, mais nous allons aider les illustrateurs, nous allons aider les auteurs à récupérer les redevances des droits d'auteur qui leur reviennent », a-t-elle déclaré devant l'Assemblée.

 

« Nous travaillons très fort avec le ministère de la Justice. Et il y a même une question de droit constitutionnel là-dedans », a ajouté la ministre. 

 

La vente des actifs, par ailleurs, risque de se révéler plus difficile que prévu : le stock de livres entreposé par la maison s'élève à 400.000 titres jeunesse, 65.000 livres adultes et 40.000 livres pratiques. Impossible de revendre un tel stock, jugent certains, qui pointent par ailleurs des erreurs de gestion.

 

Les actifs de la maison comprennent également le mobilier (30.000 $), et un catalogue de 700 titres jeunesse, 100 titres adulte, et une cinquantaine de livres pratiques. Outre les auteurs, de nombreux diffuseurs, des imprimeries et des cabinets d'avocats ou de comptables font partie des créanciers de la maison.

 

Une rencontre est prévue la semaine prochaine entre la ministre, l'Union des écrivains québécois (UNEQ) et l'association Illustration Québec. D'après Le Devoir, aucune offre de rachat n'a été déposée, même si quelques acheteurs ont manifesté leur intérêt.