Québec : Marie Montpetit tente de déclarer sa flamme à l'industrie du livre

Nicolas Gary - 18.11.2017

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De Montréal – La ministre de la Culture du Québec, Marie Montpetit, a fait le déplacement au Salon du livre de Montréal (exceptionnel en soi), alors que l’industrie s’agite. Depuis l’annonce d’un plan de 2 millions de dollars destiné à soutenir le secteur — mais sans aucune garantie de prolongation de l’aide — les allées du salon sont propices aux commentaires les plus acerbes. La visite de la ministre visait avant tout à apaiser les esprits... Raté. 


Marie Montpetit 
Gilda Routy (présidente du conseil d’administration du Salon du livre de Montréal depuis 2012) et Marie Montpetit, ministre de la Culture

 

 

Voilà moins de deux mois que Marie Montpetit a été nommée au ministère de la Culture, mais devant un parterre de professionnels, elle a tenu à souligner l’importance de « cette grande fête du livre ». Félicitant les organisateurs pour la 40e édition du Salon, la ministre a rappelé que « comme député ou citoyenne », elle avait toujours perçu cette manifestation comme une grande fête.

 

« Durant deux heures, nous nous sommes promenés, et j’en ai plein les yeux. Mon seul regret, c’est que nous avons fait plusieurs rencontres, mais je n’ai pas encore eu le temps de choisir moi-même mes livres — j’ai tout de même bien l’intention de revenir », poursuit-elle.

 

L’occasion était rêvée pour la ministre que de dédouaner la Sodec, Société de développement des entreprises culturelles, mise en cause dans le cadre des aides distribuées l’année passée — qu’éditeurs et libraires avaient largement critiquées ! « La Sodec est un partenaire important du Salon du livre : ce sont encore, cette année, 90 000 $ qui sont versés par la Sodec », insiste la ministre.

 

Le gouvernement québécois aide-t-il Renaud Bray
au détriment des libraires ?

 

Elle revient également sur l’annonce d’une enveloppe de 2 millions $ pour prolonger le programme pour le livre : une partie de cette somme servira à soutenir l’action du secteur, et 870 000 $, qui serviront à « l’acquisition de livres jeunesse québécois, primaire et secondaire ». Une dimension particulièrement importante pour la ministre, « convaincue que pour la musique, le cinéma ou la lecture, les bonnes habitudes, on les prend très jeunes ». 

 

Primordial donc de mettre les jeunes en relation avec la littérature québécoise par ce biais. Rendez-vous sont pris avec les organisations professionnelles, dans les prochaines semaines, alors qu’un plan doit être annoncé prochainement pour soutenir le secteur culturel. Ce dernier, prévu pour l’automne, a déjà été repoussé, avec le remaniement ministériel, et probablement n’interviendra-t-il qu’en février 2018. 

 

« Il est évident que le livre y trouvera sa place également. Je suis une grande consommatrice de culture : je lis beaucoup, j’aime beaucoup lire et je veux faire plaisir, en soutenant, en tant que ministre, les éditeurs, les auteurs et les illustrateurs, parce que c’est extrêmement important de pouvoir y contribuer », ajoute-t-elle.
 

J'aimerais bien... mais je ne peux point...
 

Dans les faits, les éditeurs du Québec n’apprécient que moyennement « la distribution de bonbons, alors que l’on se trouve en période électorale ». Les 2 millions $ annoncés par la ministre n’ont en réalité pas été salués autant qu’elle aurait pu s’y attendre. « Ce sont de belles annonces, mais ponctuelles et sans assurance de prolongement à l’avenir », précise une proche du dossier.

 

Plus encore, on déplore les 870 000 $ alloués à l’achat de livres jeunesse pour les bibliothèques : « Tout cela n’est qu’un saupoudrage sur des choses très spécifiques. Bien entendu, nous aimerions être satisfaits de ces sommes, mais ce ne sont en réalité que des miettes, destinées à calmer les ardeurs. On ne va pas se plaindre : c'est mieux que rien, mais personne n'est dupe »

 

 

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