Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

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Québec se met en quatre pour ses livres : un fellowship dédié aux libraires

Nicolas Gary - 28.04.2017

Edition - International - fellowship libraire Montréal - Québec éditeurs Genève - Richard Prieur


Invité d’honneur du salon de Genève, le Québec s’est présenté paré de beaux atours : Québec Édition a mis les petits plats dans les grands avec plus de 1500 titres présents sur son stand, 70 auteurs invités, et une soixantaine de marques éditoriales, représentant une trentaine de maisons. Son directeur général, Richard Prieur, revient sur ce grand voyage.

 


 

Ils forment la jeunesse, les voyages, et les éditeurs du Québec n’ont pas manqué d’en faire ces derniers temps. « Nous avons eu le plaisir d’être conviés à la fête de la BD de Bruxelles en 2016, l’année d’avant, c’était la Foire du livre de Bruxelles qui mettait la Province à l’honneur. » Et n’en jetez plus : le Québec est de retour à Genève pour le salon, après que la ville de Montréal fut invitée à la Foire du livre de Bruxelles, cette même année. Alors, les voyages…

 

Mais tout cela est fatigant, et si personne ne cache son plaisir de se rendre dans la cité romande, ces déplacements ont un coût. « C’est un investissement pour l’association Québec Édition, dont la mission est de soutenir l’activité d’export des éditeurs québécois. Et nous savons que la multiplication des rendez-vous aura des effets bénéfiques », poursuit Richard Prieur. Et pour y parvenir, les idées ne manquent pas.
 

Réunir les libraires d'Europe au Québec

 

À l’occasion du Salon du livre de Montréal, Québec Édition souhaite organiser un fellowship réunissant des libraires européens. « La manifestation compte 120000 visiteurs, et c’est l’instant idéal pour que les professionnels se rencontrent. » Les fellowships, traditionnellement, ce sont ces moments de rencontres entre éditeurs, où s’opèrent des ventes de droits de traduction. Celui du BIEF, cette année, avait d’ailleurs état mis sous le feu des projecteurs, de façon tout à fait inattendue.

 

« En organisant un fellowship pour les libraires, nous voulons avant tout sensibiliser les premiers médiateurs du livre aux ouvrages des éditeurs. Durant quelques journées, mettre en place des rencontres qui favoriseront les discussions. Et surtout, on espère bien qu’à leur retour, non seulement ils auront des livres québécois plein la tête, mais surtout que Montréal aura exercé son charme », plaisante le directeur de Québec Édition.

 

Juste avant, le Québec aura eu l’opportunité de présenter ses œuvres devant les membres de l’ABF. Aux côtés de la Colombie, la Belle Province participera aux débats — tournés autour des inégalités territoriales et de l’égalité des chances — pour donner une dimension internationale. « Nous viendrons avec un numéro spécial de notre revue, Collection, toujours dans cette optique de montrer quelle belle littérature nous avons. »
 

Enrichir le salon de Montréal

 

Et d’ici à ce que le Salon de Montréal ouvre ses portes, les éditeurs du Québec ont déjà quelques pistes de réflexion à soumettre aux organisateurs. « Il faut comprendre que, pour Montréal ou la ville de Québec, ce ne sont pas les éditeurs qui montent les manifestations, comme c’est le cas pour Livre Paris. » Ainsi, les suggestions peuvent être les bienvenues. Les discussions ont donc été ouvertes : « Pour certaines plages horaires, où la fréquentation diminue, pourquoi ne pas proposer une entrée gratuite par exemple? »

 

Cela, et d’autres choses : « Les scènes thématiques, comme on les trouve à Genève, sont une excellente approche, c’est d’ailleurs ce que nous avons choisi pour notre propre stand. C’est une manière d’éditorialiser les catalogues de chacun, en proposant des espaces thématiques dédiés. » Là encore, tout est soumis aux discussions…

 

Une seule exigence, peut-être, que le ministre de la Culture Luc Fortin puisse assurer une présence pour les manifestations sur le sol canadien, au moins. En effet, annoncé à Genève, ce dernier s’est finalement décommandé pour l’inauguration de l’événement.

« C’est plate », avait lâché un auteur, dans les allées. Décevant, voire moche, pourrait-on traduire. Et plus encore : « En 1999, quand le Québec avait été invité par le Salon du livre de Paris, il y avait eu un président et un Premier ministre qui s’étaient rendus à l’inauguration. »

 

Pour Montréal, on n’en attendrait pas moins…