Québec : Taxer le livre pour financer les créateurs

Clément Solym - 11.04.2010

Edition - Société - TVQ - livres - Quebec


La Taxe de vente du Québec, généralement abrégée en TVQ, a récemment fait l'objet d'un rapport remis par le Comité L'Allier, afin de déterminer les enjeux de l'abolition de cette taxe, souhaitéers par le Parti libéral. Mais les recommandations remises par Jean-Paul L'Allier, le président de ce comité, et ancien ministre des Affaires Culturelles, à l'actuelle ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, ne semble pas abonder en ce sens.

Mieux : la TVQ pourrait de nouveau s'abattre sur le domaine du livre, qui en est pour l'heure exempt, afin justement de mieux le dynamiser et le financer. Pour la ministre, « c'est une chose qu'il faut analyser à la suite du rapport de M. L'Allier. Nous allons l'analyser très, très sérieusement. »

Selon les conclusions de ce rapport, une TVQ sur les livres permettrait en effet d'apporter aux créateurs un certain soutien, et plus généralement aux artistes. La consultation du ministre des Finances, Raymond Bachand, est encore nécessaire, expliquait la ministre, avant que de prendre une telle décision.

En outre, le rapport préconise la mise en place d'un observatoire, qui aurait pour vocation d'observer - certes - mais également de définir les tendances qui se profilent dans le milieu artistique. La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) ainsi que le Conseil des arts et des lettres du Québec ont dès lors été mandatés par la ministre pour étudier cette proposition.

« En filigrane de ce rapport, on lit clairement que l'absence de consensus, malgré les nombreux efforts consentis au cours des dernières années, coûte très cher tant aux artistes qu'à l'industrie de la culture elle-même », explique la ministre. Elle estime que « le rapport soulève que le développement de l'économie de la culture est préalable à l'amélioration des conditions socioéconomiques des artistes ».

Selon le porte-parole de l'opposition, Maka Kotto, les 25 recommandations adressées à la ministre ne souffrent aucun délai. Si les modifications législatives n'améliorent clairement pas la condition socio-économique des artistes, estime-t-elle « la ministre St-Pierre a donc l'obligation morale d'agir dans les plus brefs délais et de proposer de véritables solutions consensuelles » pour y parvenir.