Québec : Un auteur jeunesse accusé d'agression sexuelle armée

Clément Solym - 19.07.2011

Edition - Justice - blogue - namasté - accusation


C'est toujours un peu délicat... D'abord, le point de vue de la victime, ensuite la présomption d'innocence, et surtout, la question des faits... Il faut se restreindre à ce pour quoi la cour de justice de Montréal a été saisie : un romancier est accusé d'agression sexuelle.

Le 27 avril dernier, l'auteur Maxime Roussy passe devant le tribunal de Chicoutimi, avec six chefs d'inculpation, entre 2006 et 2010, avec entre autres agression sexuelle armée, et tromperie informatique. Du lourd qui lui valut une première condamnation, avec une injonction interdisant tout contact avec des mineurs, ses quatre filles y compris.

C'est que la victime de l'agression sexuelle avait moins de 16 ans au moment des faits.

En avril, le romancier s'en sortait avec une caution de 3000 $ et cette injonction. Mais en juin dernier, un passage devant la justice, à Chicoutimi lui permet de finalement voir ses enfants, en présence d'un autre adulte.

Auteur particulièrement populaire au Québec, Maxime Roussy, âgé aujourd'hui de 35 ans, avait rédigé un livre dans lequel il raconte les états d'âme d'une jeune ado de 14 ans. Son dernier ouvrage, datant de 2008, le Blog de Namasté était devenu particulièrement prisé avec plus de 75.000 exemplaires vendus, sur le mode d'un journal intime raconté à travers la toile.

Selon l'accusation portée par Me Marie-Josée Hamelin-Gagnon, c'est justement au travers du net que l'auteur était parvenu à gagner la confiance d'une fan rencontrée au cours d'un salon du livre. Une correspondance s'en est suivi, avant un rendez-vous dans la vraie vie. La jeune fille aurait alors eu de multiples rendez-vous dans des chambres d'hôtel avec l'auteur. Et c'est à l'une de ces occasions qu'aurait eu lieu l'agression.

L'enquête préliminaire a été fixée aux dates du 2 et 3 mai 2012. Et il reviendra au juge de déterminer si la preuve apportée par l'accusation est suffisante pour ouvrir le procès.
Cette affaire avait alors soulevé la question posée par la Commission scolaire de Montréal, qui avait souhaité que dans le cadre des rencontres entre auteurs et élèves, les premiers puissent attester d'un casier judiciaire vierge. Un projet que l'Union des écrivains et écrivains du Québec avait dénoncé, avec l'appui de plusieurs signataires