Québec : “Y a-t-il encore une place demain pour le métier d'écrivain ?”

Fasseur Barbara - 20.04.2018

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Le droit d’auteur a la vie dure au Canada. Malgré une augmentation du budget en faveur de la culture au Québec, les auteurs restent sceptiques. Dans les tuyaux depuis plusieurs mois, une réforme du projet de loi sur le droit d’auteur est en marche. À cette occasion, Laurent Dubois, directeur général de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, réitère ses avertissements. 

 
Michel Tremblay
Michel Tremblay, star de l'édition québécoise - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Lundi 23 avril se déroulera la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, un sujet bien controversé ces derniers temps au Québec. Dans ce contexte, Catherine Richer, chroniqueuse culturelle sur Radio Canada a invité Laurent Dubois, de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, à s’exprimer sur la situation.

Et selon lui, l’heure est grave. Le métier d’auteur est une profession en voie de disparition au Québec, d'après le président de l'UNEQ : après tout, comment inciter les jeunes auteurs à prendre la relève quand on sait que le salaire médian d’un écrivain québécois est inférieur à 3000 dollars canadiens (soit moins de 2000 €) par an ?

Bien qu’une poignée d’entre eux s’en sorte très bien dans un marché canadien plutôt restreint pour la vente du livre, la grande majorité se retrouve dans une situation d’une précarité alarmante, note-t-il. Ainsi cette réforme du droit d’auteur se devrait de mieux protéger les droits économiques de la profession, mais pas que.
 

Le droit d’auteur au Canada,
bientôt quantité négligeable ?


Lors des discussions qui auront lieu entre l’UNEQ et le comité de réforme mardi prochain à Ottawa, Laurent Dubois compte également mettre l’accent sur l’importance de la protection des droits moraux, qui est pour le moment inexistante dans la législation québécoise. « Un auteur a le droit de décider si son œuvre peut être diffusée ou pas, si elle peut être utilisée et reproduite ou pas. »

Ils sont également revenus sur la polémique qui sévit en ce moment dans le milieu universitaire. En effet, dans la législation actuelle, un aménagement des droits est acté pour l’utilisation d'oeuvres à des fins pédagogiques. Cependant, nombre d’universités canadiennes refusent de s'acquitter d'une compensation monétaire pour l’utilisation des œuvres, et par conséquent de reconnaître le travail des écrivains.

« Il y a de la matière première fournie par les écrivains, et qu’elle soit mise à disposition dans des conditions négociées pour l’enseignement nous parait normal. Ce qui nous parait moins normal, c’est cette impression que tout le monde cherche la gratuité. » Comme si on ne voulait pas rémunérer l’écrivain, en oubliant qu’il faut un auteur pour faire un livre, ajoute-t-il.

Pour Laurent Dubois, c’est plus qu’une question technique, c’est une véritable question de société : « Qu’est-ce qu’on veut comme société, en termes de produits culturels ? Est-ce qu’on veut que tout le monde puisse prendre ce qui a été créé par chacun gratuitement et en faire exactement ce qu’il veut, ou est-ce que l’on peut comprendre qu’à un moment, derrière une création, il y a un auteur, un artiste ? »

Québec : budget en hausse pour
la culture, les écrivains sceptiques


L’UNEQ reste ouverte au dialogue. Elle a envoyé un communiqué au ministre de l’Éducation afin de promouvoir la lecture d’œuvres québécoises, mais aussi pour rappeler que les auteurs sont là pour discuter ensemble de solutions plus adaptées afin de sortir de cette situation de crise.

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