"Quel crétin !" : un portrait de Sarkozy par Berlusconi

Camille Cornu - 16.10.2015

Edition - International - My Way - Sarkozy berlusconi - rizzoli


C’est le principal événement médiatique de cette rentrée littéraire en Italie, et il trouve déjà de sérieux échos en France. Un engouement soudain de nos compatriotes pour la littérature étrangère ? Pas vraiment. Depuis hier est disponible la biographie de Berlusconi, My Way, et il s’y exprime particulièrement sur un certain Nicolas Sarkozy,  à propos duquel il ne mâche pas ses mots. 

 

 

 

C’est la première biographie autorisée de Silvio Berlusconi. L’homme était déjà plus connu pour sa personnalité, ses dérapages publics ou ses affaires de bonnes moeurs que pour ses positionnements politiques. Il était un peu tard pour envisager un retour en politique, quoi de plus logique alors que de recycler cette notoriété en vendant des livres ? D’autant plus que sa famille détient 40 % de l’industrie de livre en Italie. Le livre sera bien sûr publié par l’éditeur généraliste Rizzoli, récemment racheté par Mondadori, que dirige sa fille, Marina Berlusconi. 

 

Silvio n’a pas poussé le vice jusqu’à tenter lui même de rédiger des phrases. Il ne s’agit donc pas d’une autobiographie, mais d’une série d’entretiens menés avec le journaliste américain Alan Friedman, qui serait devenu très proche de l’ancien chef de gouvernement alors qu’il était correspondant à Milan pour le Financial Times. Une amitié née il y a plus de trente ans, bien avant l’arrivée de Berlusconi en politique (en 1993 avec la création de Forza Italia), quand il se contentait encore d’être « homme d’affaires » et de racheter tous les plus grands groupes du pays. 

 

Car oui, Berlusconi a beaucoup d’argent. C'est d'ailleurs un des motifs, selon lui, de la relation conflictuelle qu’il a entretenue avec Nicolas Sakozy. Ce dernier serait jaloux de sa richesse personnelle : « Sarkozy était d'une hostilité incroyable envers moi, et pour plusieurs raisons. L'une d'elles était qu'il était obsédé par l'argent, il enviait ceux qui étaient fortunés. Il était jaloux, parce que j'étais riche et lui non. » Et de conclure : « Après son mariage, Sarkozy me dit : "Tu vois Silvio ! Maintenant, je suis riche. Comme toi !" »

 

Berlusconi nous confie également son traumatisme suite à l’humiliation vécue en public, lorsque le président français avait refusé de lui serrer la main : « Je me suis dit : Quel crétin ! Quelle arrogance ! Personne ne s'est jamais comporté comme ça avec moi. Sarkozy est la seule personne qui ait jamais refusé de me serrer la main. »

 

Le livre, outre ce type de petites anecdotes à la truculence croustillante, revient également sur le parcours de Berlusconi, et même, y dévoilerait quelques projets de retour en politique, finalement.

 

Il est disponible depuis hier en France chez Michel Lafon et a été édité dans 20 pays en 13 langues.