Quel droit de prêt pour les bibliothèques des volontaires ?

Clément Solym - 03.04.2012

Edition - Bibliothèques - Grande-Bretagne - volontaires - bibliothèques


C'est une des conséquences de l'appauvrissement des budgets consacrés aux bibliothèques, en Grande-Bretagne : de plus en plus d'établissements sont désormais sous la responsabilité de volontaires. Face à cet état de fait, l'organisme responsable du paiement des droits de prêt a annoncé que le Public Lending Right britannique ne s'appliquerait pas aux bibliothèques gérées par des volontaires.

 

Le droit s'adapte lui aussi aux réductions budgétaires : les « campaigners » de Lewisham, fervents défenseurs de l'accès aux livres, avaient posé la question au responsable du Public Lending Right, Jim Parker : les bibliothèques tenues par des volontaires seront-elles taxées comme celles du service public ?

 

 

Le Public Lending Right (PLR) est « le droit pour les auteurs de recevoir une rémunération [...] pour le prêt de leurs ouvrages par les bibliothèques publiques ». Il est versé chaque année aux auteurs inscrits au programme, dans une limite de 6600 £ (environ 8000 €). Le montant de la somme perçue est calculé d'après un « taux de prêt » obtenu en divisant le nombre de livres empruntés par le nombre de titres disponibles dans le catalogue. 

 

« Le PLR s'applique seulement aux bibliothèques publiques administrées par les autorités locales, comme cela est prévu dans le Public Library Act (1964). De fait, ceci exclut les bibliothèques qui ne sont plus gérées par les autorités locales, mais par des volontaires. » Jim Parker a donc accordé une victoire aux campaigners, mais celle-ci pourrait bien être de courte durée.

 

En effet, Parker a immédiatement renchéri en précisant : « Si d'autres bibliothèques quittent le statut légal pour se tourner vers une gestion privée, le gouvernement pourrait reconsidérer la législation existante. » Nicolas Solomon, de la Société des Auteurs, lui a emboîté le pas en ajoutant que « Si le PLR n'est pas payé par une bibliothèque, alors celle-ci doit payer pour l'utilisation du copyright d'une autre façon, à moins de se rendre coupable d'une violation de ce même copyright. »

 

Léger problème : les bibliothèques britanniques sont désormais réputées pour leurs budgets d'acquisition anorexiques. (voir notre actualitté) 7 bibliothèques publiques du comté de Gloucestershire vont d'ailleurs être privées de budgets viables, pour une économie estimée à 1,8 million £. Le conseil du comté a proposé aux volontaires de racheter les bâtiments abritant les fonds, a promis une subvention annuelle de 10 000 £ et une collaboration « main dans la main » avec eux.