Quelle place en bibliothèque pour les livres autoédités ?

Antoine Oury - 20.04.2013

Edition - Bibliothèques - autoédition - bibliothèque publique - livre numérique


Étant donnés les succès rocambolesques rencontrés par de nombreux ouvrages passés par l'autoédition, avec en tête le Fifty Shades... d'EL James, on s'étonnerait presque que le sujet ne soit parvenu aux oreilles des bibliothécaires seulement maintenant... Une ressource infinie d'ouvrages, avec laquelle la médiation des établissements de prêt pourrait retrouver toute sa place.

 


2 Library shelves

docoverachiever, CC BY 2.0

 

 

 L'intérêt des bibliothèques pour les livres autoédités n'a jamais été bien élevé en raison d'une qualité parfois douteuse, ou de sujets vus et revus, mais la donne pourrait bien changer. « Ce que les gens intéressés par le numérique veulent, ce sont des best-sellers, les ouvrages dont on parle déjà », nous confiait un bibliothécaire lors du Salon du Livre de Paris à l'évocation de l'arrivée de l'autoédition en bibliothèque.

 

Mais, à l'heure où les best-sellers sont de plus en plus souvent des livres autoédités aux États-Unis, les bibliothécaires US revoient leur copie : « Le travail d'une bibliothèque consiste en la valorisation de l'engagement civique, et en un investissement coopératif pour la valorisation de la culture », rappelle ainsi Jamie LaRue, directeur des Bibliothèques du comté de Douglas, dans le Colorado, avant d'admettre que les livres autoédités représentent « un pourcentage de plus en plus grand dans la production culturelle totale ».

 

Ainsi, un consortium de bibliothèques californiennes, Califa, et celles du comté de Douglas, ont fait l'acquisition de 10.000 titres auprès du site Smashwords, à la pointe en matière d'autoédition. Les ebooks gratuits peuvent être prêtés indéfiniment, et pour les autres, le prix oscille entre 3 et 5 $ (et il n'est payé qu'une seule fois, « comme les livres papier » souligne Mark Coker), le prêt ne s'effectue qu'auprès d'une seule personne à la fois, et le fichier est DRMé pour éviter le piratage.

 

Si les conditions, pour les ouvrages payants, s'approchent de celles proposées par les éditeurs, le prix des ouvrages est bien moindre, et surtout, les auteurs décident eux-mêmes de l'avenir de leur livre - y compris en bibliothèque.

 

(via Digital Book World)