Quelle place pour les bibliothèques universitaires en 2025 ?

Laure Besnier - 24.11.2017

Edition - Bibliothèques - Bibliothèque 2025 - étude universitaire - bibliothèque futur


Peut-on prédire le futur des bibliothèques universitaires en 2025? C’est la question que pose Coen Wilders, chef de projet, spécialisé dans l’innovation des services de bibliothèque, à l’Université d’Utrecht, dans son étude «Predicting the Role of Library Bookshelves» publié dans le Journal of Academic Librarianship en septembre 2017. La réponse est : oui, sûrement, mais, pour cela, les bibliothèques doivent réfléchir et accompagner les évolutions qu’elles connaissent. 

 

Lecteur ebook + livres papier
ActuaLitté, CC BY-SA 2.0
 


Le point de départ de Coen Wilders est un simple constat : de plus en plus de publications scientifiques paraissent au format numérique. Les informations recherchées par les usagers des bibliothèques universitaires ; les étudiants, les professeurs d’université, les chercheurs, etc., sont facilement accessibles en ligne ou au format numérique. Certaines bibliothèques tendent aussi à devenir uniquement des bibliothèques numériques. 

 

De surcroît, l’espace offert par la bibliothèque universitaire devient de plus en plus un espace de travail, qui ne requiert pas forcément d’ouvrir les livres entourant les tables dédiées à l’étude. À côté de cela, les services annexes de bibliothèque se développent, rendant les livres imprimés un service parmi d’autres et non le cœur du bâtiment. Cela signifie-t-il que les étagères, remplies de livres imprimés, sont amenées à disparaître ?

 

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Pour répondre à cette inquiétude, Coen Wilders a conduit une étude dans les deux bibliothèques universitaires de son université. Il a recueilli les données quantitatives des bases de données des bibliothèques, depuis 2005 jusqu'à 2016, en ce qui concerne les acquisitions de livres imprimés ainsi que de livres numériques. Il a aussi eu des entretiens avec deux distributeurs et sept éditeurs afin de comprendre ce qui influence les bibliothèques à acquérir l'un ou l'autre des formats. Enfin, il a réalisé des sondages auprès des usagers de la bibliothèque. 

 

Ce qu'il trouve n'est pas une surprise : les bibliothèques universitaires acquièrent de plus en plus de livres numériques. Les étudiants viennent de moins en moins à la bibliothèque pour les livres que pour étudier. Même si eaucoup de chercheurs et d'universitaires apprécient encore le livre imprimé, Cela laisse présager un avenir funeste pour les bibliothèques. Les publications numériques domineront dans toutes les disciplines universitaires et les livres imprimés seront de moins en moins utilisés. 

 

Mais Coen Wilders refuse de se laisser abattre. L'objectif de cette étude, explique-t-il, est d'encourager les bibliothèques à penser sur le long terme à leurs usages et leurs transformations. Certains des résultats de l'étude restent encourageants : le livre imprimé ne disparaît pas complètement. Après tout, la plupart des usagers de la bibliothèque préfèrent étudier sur des livres imprimés. 
 

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Il faut donc continuer à mettre en valeur les livres sur les étagères, en les classant au mieux : l’information doit être facile à trouver et l’objet facilement repérable. Il faut proposer plusieurs formats pour ceux qui sont fatigués de lire sur écran, même si les techniques devraient évoluer de ce point de vue. 

 

Pour lui, la bibliothèque universitaire du futur propose une collection hybride, composée de livres imprimés et numériques. Les livres imprimés garderont leur importance comme objet d’inspiration à l’étude : les étudiants, les chercheurs et le personnel universitaires travailleront mieux entourés de livres.


L'étude complète est disponible à cette adresse