Quelles lectures émoustillent les politiques français ?

Cécile Mazin - 11.08.2014

Edition - Société - Manuel Valls - lecture Kundera - Prague livres


Durant l'été, les politiques savent prendre du bon temps. Non qu'ils en manquent le restant de l'année, mais la période estivale est propice à de petites réminiscences de lectures. Histoire d'améliorer son aura auprès du Premier ministre Manuel Valls, le Figaro a délaissé les questions sociétales pour interroger l'homme fort sur ses livres favoris. 

 

 IMG_4267

Fondation pour l'innovation politique, CC BY SA 2.0

 

 

C'est pourtant bien dans les pages politiques du magazine que l'on retrouvait, ce samedi, les goûts littéraires de Manue Valls. L'exercice est difficile, reconnaît le Premier ministre, tant il existe de livres qui l'ont marqué. Mais finalement, l'un d'entre eux émerge : L'insoutenable légèreté de l'être.

 

« C'est un livre où il y a un fond politique qui intéresse forcément celui qui s'engage en politique, où il y a une dose d'érotisme qui doit nous intéresser tout le temps et en permanence. Mais il y a surtout ce croisement de caractères et de personnages tout à fait exceptionnels que l'on a envie de connaître », confesse Valls. 

 

Et s'ensuit une chronique passionnée du roman de Milan Kundera. « J'aurais pu aller chercher Stefan Zweig, parce que c'est sans doute, à l'adolescence, l'auteur qui m'impressionne le plus ou Le Comte de Monte-Christo parce que c'est le roman par excellence. Et Balzac, parce que c'est la comédie humaine jusqu'à l'infini. »

 

L'écrivain d'origine tchèque l'emporte finalement sur La confusion des sentiments. Cet autre livre occupe une place particulière. Mais Kundera s'impose, « homme plutôt optimiste. Pas sur la société, sur le genre humain ». D'ailleurs, Manuel s'émerveille : « Voilà un homme qu'on ne voit jamais. Aucune promotion de livre depuis maintenant trente ans. Ce qui permet de mettre à mal tous les codes de la communication. »

 

Le genre de comportement effectivement incompréhensible pour un politique, bien entendu. 

 

Manuel Valls partage avec Jean-Vincent Placé, sénateur EELV, cette affection pour Le comte de Monte-Cristo. Chez les autres politiques, on retrouve Le silence de la mer, chouchou de Valérie Pécresse, députée UMP, tandis que le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartelone, chérit Michel Strogoff.

 

Laurent Wauquiez s'est pris d'affection pour les aventures de Blueberry, tandis que le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, apprécie... Le rouge et le noir. Ah l'Italie ! Où, justement, le premier ministre, Matteo Renzi, a fait sensation, en invitant les livres d'Haruki Murakami au Sénat.