Quelques raisons de favoriser l'achat de livres d'occasion

Julien Helmlinger - 08.06.2013

Edition - Société - Comportements d'achat - Livre d'occasion - Société


Si le concept d'ebook de seconde main n'en a pas fini de faire couler de l'encre, son pendant de papier suscite lui aussi des prises de position contrastées. Courant 2002 l'Authors Guild faisait savoir à Jeff Bezos, par l'intermédiaire d'une lettre ouverte, que son offre de livres d'occasion risquait de mettre en péril les ventes d'ouvrages neufs, mais il faut néanmoins admettre que ce commerce n'est pas exempt d'intérêts. Car outre le fait qu'il permette aux lecteurs d'acquérir des titres à moindres frais, le recyclage de bouquins aurait également un impact non négligeable sur la qualité de l'environnement.

 

 

 Bouquinistes sur le Quai de Montebello

 

 

Les avis demeurent partagés quant à déterminer si le marché des livres de seconde main nuit réellement à celui des titres neufs. Car si de prime abord on serait amené à penser que chaque ouvrage d'occasion acquis pourrait signifier un manque à gagner équivalent pour le marché du neuf, certaines analyses invalideraient cette hypothèse.

 

En effet, une part des lecteurs serait plus encline à dépenser ses deniers pour des bouquins qu'elle serait en mesure de revendre par la suite. La pratique est notamment courante sur le marché des manuels scolaires, ce qui a de quoi rassurer les parents d'élèves qui font leurs comptes à chaque rentrée scolaire, mais ce qui n'empêche pas les éditeurs spécialisés de poursuivre leur activité.

 

Une infographie récemment publiée sur le site de Book Patrol vient ajouter quelques éléments en faveur d'un marché d'occasion. Acheter ses livres de seconde main, permettrait visiblement à un consommateur d'économiser 50 % de leur coût, mais les chiffres révéleraient qu'une majorité des lecteurs préfèrent acheter du neuf. L'impact susceptible de nuire au secteur de l'édition serait en conséquence plutôt maigre.

 

Et en dehors des considérations économiques, le secteur de l'édition serait coûteux en termes de répercussions environnementales. Aux États-Unis et ce, chaque année, pour une production de 2 milliards d'exemplaires papier, on dénombrerait non moins de 32 millions d'arbres abattus. Un bilan qui a de quoi faire frémir les protecteurs de la nature.