RAAP : le retour du président Buxin n'arrange rien aux négociations

Nicolas Gary - 04.05.2015

Edition - Economie - artistes auteurs RAAP - réforme retraite - syndicats ministères


Sept syndicats d'artistes auteurs se sont regroupés pour diffuser une pétition adressée aux ministères de la Culture et des Affaires sociales. Alors qu'une concertation était promise, l'IRCEC/RAAP, organismes de perception, n'ont toujours pas organisé de véritable discussion « sur la mise en place d'une cotisation retraite complémentaire », notent les syndicats. 

 

 

réforme retraite artistes auteurs

 

 

C'est presque ironique. Frédéric Buxin, président du RAAP, était régulièrement présenté comme un interlocuteur peu convaincant, dans les échanges autour de la réforme. « Tout le monde était d'accord, côté édition, pour reconnaître qu'il y avait un problème sérieux de gouvernance du côté du RAAP, et que ce problème avait rendu le dialogue particulièrement complexe », nous expliquait-on au sortir du Festival de la BD d'Angoulême, après une réunion informelle. 

 

Mais voilà que l'IRCEC annonce que le président du RAAP, qui finit par cristalliser à lui seul les tensions, est reconduit, pour une période de trois années. Trop, c'est donc trop, et le Syndicat des Écrivains de langue française n'y va pas avec le dos de la cuillère : « RAAP à 8 % : mourez de faim aujourd'hui, vous mangerez mieux demain ? » 

 

La pétition attaque directement « les modalités de calcul des cotisations pour la retraite complémentaire obligatoire ». Passant d'un montant de cotisation opéré selon les classes prédéfinies, à une approche proportionnelle. « C'est imprévu, mais particulièrement caustique : l'appel à cotisation du RAAP vient d'arriver ce matin dans les boîtes à lettres », note un auteur. 

 

« Rien n'a bougé depuis un an, et pour l'heure, mis à part continuer de recevoir les organisations et les syndicats, les ministères n'ont pas bougé. Ils continuent de rester bloqués sur les 8 %, et, pour l'instant, on ignore toujours si ce sera une entrée en vigueur au 1er janvier 2016, ou un calcul sur les revenus de 2016. »

 

Rappelons que ce montant a été choisi « sans aucune concertation avec les organisations professionnelles représentatives des artistes auteurs, sans aucune étude actuarielle, sans aucune étude d'impact auprès des artistes auteurs ». De quoi se poser quelques questions.

 

Le taux que le RAAP veut imposer conduit, pour la très grande majorité des cotisants actuels, à une augmentation conséquente de leurs cotisations. Tel que prévu, ce projet de réforme bouleverse l'économie de mon budget. Il représente 8 % de mes rémunérations annuelles, c'est-à-dire un mois de revenu. Quel travailleur peut supporter sans dommage une telle diminution de ses revenus ?

La question de ma retraite me préoccupe. Je n'ignore pas la nécessité de cotiser pour me constituer des droits à retraite significatifs, encore faut-il que je sois en mesure de payer ! 

Dans un contexte de précarisation croissante des métiers de la création, la chute de leurs rémunérations qui menace la pérennité de leur activité inquiète fortement les artistes auteurs. De fait, l'extrême irrégularité de mes revenus professionnels d'une année à l'autre ne me permet pas d'assumer un taux fixe de 8 % en plus de mes autres cotisations sociales obligatoires (16,25 %).

 

 

Pourtant, les syndicats et organisations d'auteurs ne s'opposent pas du tout à une réforme, au contraire. Mais avec une phase transitoire et des négociations, indispensables.

 

 

Retrouver notre dossier, 

RAAP, Agessa, MdA : Comprendre la réforme de la retraite des auteurs