Rachat de Darty : Fnac se séparera de 6 magasins pour finaliser l'acquisition

Orianne Vialo - 19.07.2016

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Après des mois de lutte acharnée, le groupe Fnac a fini par remporter la bataille. Le groupe de distribution a déposé sa dernière offre d’achat aux actionnaires de Darty en mai dernier, offre acceptée par le conseil d’administration de Darty. En valorisant à 170 pence par action Darty, la Fnac a éliminé son concurrent en proposant un rachat s’élevant à 1,2 milliard €. Le 18 juillet, l’Autorité de la concurrence a autorisé, sous réserve de la cession de 6 magasins à Paris et en Île-de-France, l’acquisition de la société Darty par le groupe Fnac. 

 

Dans un magasin Fnac (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

 

En septembre dernier, Alexandre Bompard, PDF de la Fnac créait la surprise en faisant une proposition au conseil d’administration de Darty pour une acquisition, proposition dans la foulée surenchérie par Conforama. Après avoir dû revoir son offre une première fois en novembre — la Fnac avait fait passer son offre de 719 millions € à 840 millions € —, la chaîne de magasins spécialisés dans les produits culturels avait fini par remporter les enchères, pour près de 1,2 milliard €.

 

Le 17 février dernier, le groupe Fnac avait notifié à l’Autorité de la concurrence son projet de l’acquisition de la société Darty. Sans plus attendre, l’Autorité avait ouvert une phase d’examen approfondi dès le 23 mars, afin de mesurer « la pression concurrentielle exercée par les opérateurs de vente en ligne sur les marchés de la vente au détail de produits électroniques et ses conséquences sur la délimitation des marchés concernés par l’opération ». 

 

Une acquisition soumise à conditions 

 

Liste des magasins dont la fermeture est exigée par l'Autorité de la concurrence

 

 

Au terme de cette analyse des marchés, l’Autorité avait conclu que le groupe Fnac pouvait procéder à l’acquisition de la société Darty, sous réserve de la cession de 6 magasins à Paris. Les points de vente concernés sont un magasin Fnac situé à Beaugrenelle, et cinq Darty situés à Belleville, Porte d’Italie, Wagram (qui devait ouvrir, mais dont l’inauguration ne se fera donc pas), Saint-Ouen et Velizy. 

 

La fermeture de ces établissements est due au fait que « l'Autorité considère que les alternatives offertes au consommateur ne sont pas suffisantes pour garantir une concurrence effective par les prix et la qualité de services. L'Autorité a notamment considéré que, dans les zones de chalandise des magasins concernés, la nouvelle entité disposerait d'un pouvoir de marché important qui ne serait pas suffisamment contraint par la concurrence des autres enseignes. Notamment, l'opération entraîne un risque que les magasins concernés ne soient plus incités à pratiquer des baisses de prix ou des promotions ponctuelles, susceptibles d'animer la concurrence locale ».

 

 

Comme précisé dans le communiqué émis par l'Autorité de la concurrence, « la cession de ces six magasins à un ou plusieurs distributeurs en produits électroniques, garantiront au consommateur des alternatives crédibles, à même de maintenir des conditions tarifaires et de services concurrentiels à l'échelon local.

Afin de pouvoir être agréée, l'Autorité s'assurera que le repreneur d'un ou de plusieurs magasins cédé(s) soit un distributeur présent dans le même secteur d'activité susceptible d'exercer une pression concurrentielle suffisante sur le groupe Fnac dans la zone considérée ».

 

Une évolution de l'appréciation des marchés de l'Autorité de la concurrence 

 

Pour en arriver à cette conclusion, l’Autorité a « fait évoluer son appréciation des marchés et considère que la distribution au détail de produits bruns (téléviseurs, appareils photographiques et produits audio : MP3, lecteurs DVD et Blu-ray…) et gris (communication et multimédia : tablettes, ordinateurs portables, smartphones, etc.) inclut à la fois les ventes réalisées en magasins et sur internet », ce qui a permis de déterminer que « la pression concurrentielle de la vente en ligne est devenue suffisamment importante pour être intégrée dans le marché pertinent, qu'elle émane de « pure players » (comme Amazon ou Cdiscount, par exemple) ou bien des sites internet des enseignes de distribution classiques qui prolongent leurs ventes physiques en magasins ». 

 

Ce qu’il faut donc comprendre, c’est que l’organisme a inclus pour la première fois dans son analyse de marché les canaux de distribution en ligne et en magasins, car même si les sites de vente en ligne sont très populaires auprès des consommateurs, « plus de 7 Français sur 10 continuent à se rendre en magasins pour effectuer leurs achats en produits électroniques ».

 

Il était donc primordial de préserver la concurrence locale, autant pour la survie des autres enseignes, mais aussi pour garantir un fort pouvoir d'achat aux consommateurs.