Rachat de Darty : les syndicats préfèrent l'offre de Conforama à Fnac

Orianne Vialo - 25.04.2016

Edition - Economie - rachat Darty - Conforama Fnac - positionnement intersyndicale rachat


Il y a moins de deux semaines, la Fnac avait créé la surprise générale en proposant plus d’un milliard d’euros pour son offre de rachat de Darty, évinçant ainsi son principal adversaire Conforama. Mais alors que les deux groupes se livrent bataille depuis plusieurs semaines afin de mettre la main sur l’entreprise spécialisée dans la vente d’électroménager, de matériels informatiques et audiovisuels, l’intersyndicale de Darty a annoncé, vendredi soir, préférer le projet de reprise proposé par Conforama. 

 

(paris_kyoto / CC BY 2.0)

 

 

Après des semaines de lutte acharnée, la journée du jeudi 21 avril s’est soldée par plusieurs propositions, contre-propositions, enchères et surenchères. En quelques heures, l’offre de Conforama est passée de 138 pennies par action à 160 pennies par action, et celle de la Fnac a bondi de 145 pennies par action à 153 pennies par action. En fin de semaine dernière, le cours de l’action de Darty a ainsi augmenté de plus de 15 %. 

 

À l’heure actuelle, le montant des enchères est monté jusqu’à 1,09 milliard € (contre 865 millions € au mois de mars) pour Conforma, contre 1,04 milliard € (contre son OPA fixée à 554 millions £ en novembre dernier) pour la Fnac.

 

« L’ensemble du personnel Darty, toutes catégories confondues, ainsi que l’ensemble des organisations syndicales qui les représentent, rejettent clairement le rapprochement souhaité par la Fnac », ont annoncé dans un communiqué (à retrouver en fin d’article) la CAT, la CFE-CGC, la CGT, la CFDT, la CFTC et FO. 

 

Selon eux, le projet « n’a pas la capacité de rendre pérenne (leur) entreprise et ne pourra aboutir qu’à un fiasco total sur l’emploi des deux enseignes ».

 

« Dès lors, il nous apparaît qu’en l’état, le projet de Conforma qui vise à créer un leader européen de l’équipement de la maison, est plus en phase avec les attentes du personnel Darty et permet d’assurer l’avenir de notre entreprise » ont-ils ajouté. 

 

La Fnac, semble pour le coup inquiéter l’intersyndicale qui craint une « situation de surendettement des deux enseignes Fnac et Darty ». Dans ce cas, « qu’adviendrait-il en cas de défaillance pour les salariés des deux enseignes ? » 

 

En effet, les fusions d’entreprise sont faites pour éviter les coups supplémentaires (donc, faire des économies), en regroupant le service des achats, par exemple. Et qui dit économies, dit emplois en moins. 

 

D’après eux, « plus de 3000 salariés pourraient être impactés par la perte de leur emploi, et une quinzaine de magasins parisiens concernés par la décision de l’autorité de la concurrence ». 

 

En effet, avant toute acquisition définitive, l’Autorité de la concurrence doit examiner les conséquences en termes d’implantations, et pourrait même demander des cessions de magasins si des établissements sont situés trop proche. Le risque : qu’ils créent un risque de monopole dans le quartier. 

 

Cependant, rien n’est encore joué, la Fnac est attendue au tournant, avec peut-être à la clé, une offre plus intéressante que celle formulée par Conforama.