Rachat de The Book depository : une 'domination malsaine'

Clément Solym - 21.07.2011

Edition - Economie - angleterre - amazon - book


Alors que les professionnels se mobilisent pour dénoncer le futur investissement d'Amazon, qui prévoit de racheter The Book Depository, l'Angleterre devient le champ de bataille des hérauts, aux nobles déclarations.

La fusion de ces deux gros libraires en ligne est loin de réjouir les professionnels, quelle que soit leur place dans la chaîne du livre. La Publishers Association et l'Independent Publishers Guild ont en effet considéré la question. Conclusion : cette acquisition n'aura qu'une finalité, réduire fortement l'offre et la variété des oeuvres proposées. (notre actualitté)

Paupérisation de l'offre

En plus de la position dominante qu'Amazon va occuper de fait. C'est que, tant dans le domaine du livre papier que numérique, la position d'Amazon reste extrêmement forte, et ce rachat conduira inéluctablement à une position plus confortée encore.


Et les consommateurs en feront les frais, puisqu'au fil du temps, redoutent les associations professionnelles. La sélection se fera uniquement en fonction des meilleures ventes, et les choix se restreindront de fait. Richard Mollet, directeur de la PA, ou Bridget Shine, directrice de l'IPG font ainsi le même constat. La bibliodiversité sera la première affectée par cette fusion des structures. (via The Bookseller)

Auteurs contre auteurs

Mais jusqu'à lors, les seuls que l'on n'avait pas entendus étaient les auteurs. La Society of Authors vient cependant d'intervenir, pour dénoncer « une domination malsaine » d'Amazon. Considérant les multiples pressions subies par les librairies dans le pays, et sans rejeter la responsabilité sur la société américaine exclusivement, la SoA pointe qu'un rachat de ce type n'aura sûrement pas une bonne incidence pour les autres commerces.

Kate Pool, secrétaire générale adjointe de la SoA explique par ailleurs que pour les auteurs de moindre renom, l'importance des libraires indépendants est toujours aussi essentielle.

Et qu'en parallèle, la montée de l'autoédition, largement favorisée par les services d'Amazon, pose plus encore la question de la qualité des livres, qui passent par le filtre des éditeurs. Nul doute que l'intention des auteurs autoédités soit bonne, mais leur travail restera de toute manière moins pertinent qu'une fois passé entre les mains d'une personne qui en accompagne la parution. (via The Bookseller)

Ça glisse ?

C'est probablement là le genre d'erreur qu'il ne faudrait pas commettre : taper sur d'autres auteurs, qui n'ont pas la reconnaissance des maisons d'édition, certes, mais font partie du même 'côté'. En l'occurrence, les auteurs indépendants pourraient tout à fait se braquer avec de telles déclarations, et pousser plus encore en faveur de la machine Amazon...

Jeu d'équilibriste, vraiment...