Racistes, mes Schtroumpfs ? L'utopie totalitaire qui indigne

Clément Solym - 01.06.2011

Edition - Société - schtroumpfs - racisme - utopie


Revenant sur l'information du 6 mai, sur la parution d'un ouvrage racontant une autre vie des Schtroumpfs, ces bestioles bleues au nom sorti d'une salière - authentique - défraient aujourd'hui la chronique. Antoine Buéno, maître de conférences à l'IEP de Paris et romancier, avait décidé de révéler le vrai visage de ces petits hommes bleus...

Sous couvert de littérature enfantine, les aventures des schtroumpfs seraient une sorte de traité sociopolitique communiste et nazi ? La société Schtroumpf « est un archétype d'utopie totalitaire empreint de stalinisme et de nazisme » a-t-il affirmé à l'AFP. Et c’est ce qu’il tente de prouver dans Le petit livre bleu (aux éditions Hors Collection).

C'est qu'ils sont dirigés par un chef unique et respecté : le grand Schtroumpf. Idéal de la figure paternaliste avec sa barbe blanche et son autorité bienveillante, mais ferme.

Par ailleurs, Buéno nous explique que les schtroumpfs sont racistes, faisant l’apologie de la race aryenne avec une schtroumpfette blonde et considérant les schtroumpfs noirs comme une calamité qu’il faut éradiquer du territoire schtroumpf.

Sans oublier que leur ennemi juré, Gargamel, avec son gros nez crochu et ses sourcils broussailleux, peut facilement être comparé à une caricature antisémite d’autant plus que son chat s’appelle Azraël.

L'internet, bleu de rage

Des propos qui ont fait rugir internet : « Les Schtroumpfs nazis ou staliniens ? Vingt ans de recherches pour dire de pareilles conneries ! », déplore un internaute cité par l'AFP.

« Pour les internautes qui envoient ces messages furieux, c'est vraiment Touche pas à ma madeleine de Proust. C'est un sacrilège, un crime de lèse-Schtroumpfitude, comme si les souvenirs d'enfance empêchaient toute pensée critique », a-t-il répondu à l'AFP. Et d'ajouter : « J'imaginais bien que cette analyse du petit monde des Schtroumpfs comme utopie totalitaire pourrait titiller des lecteurs, mais je ne m'attendais pas à ce que cela déclenche des réactions aussi violentes. »

Finalement, son ouvrage, ce n'est que l'instrument d'une approche d'adulte sur un monde d'enfants. Surtout que le fils de Peyo assure que son père ne se préoccupait réellement pas de politique...

Mise à jour : Et pour info

Pour mémoire, Anoine Buéno, c'est le fondateur du prix du Style, qui l'an passé avait récompensé le livre d'Harold Cobert, publié chez Héloïse d'Ormesson.

Alors que lui-même était publié chez HdO.

Et qu'il nous avait annoncé avec beaucoup d'aplomb et entre deux couloirs, qu'il n'était pas possible de mordre la main qui le nourrissait... (notre actualitté, sur le prix)