Random House discute du marché numérique chinois

Clément Solym - 20.11.2012

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Comment fonctionne l'économie numérique en Chine ? C'est la question qu'a voulu soulever Markus Dohle, président et CEO de Random House. Selon lui, pour entrer dans la tendance globale de la transformation numérique, l'e-marché chinois ne devrait pas habituer ses lecteurs à un contenu de bas prix, voir gratuit…

 

I prefer *real* EReaders

mendhak CC BY-SA 2.0

 

 

Le marché numérique américain, de son côté, vient d'opter pour des méthodes certainement plus « efficaces » : contenu numérique en masse, périphériques, et dorénavant, le secteur premium haut de gamme. Pour les spécialistes anglo-saxons, les Chinois manquent, de façon évidente, d'un contenu « de luxe ». « Le marché chinois est le marché qui a une croissance vraiment importante, mais son business et ses buts sont différents de tout autre marché, dans lequel nous entrons », explique Dohle après sa première visite en Chine, à la fin octobre, où il partageait ses pensées d'éditeur et l'expérience aléatoire de la numérisation.

 

Bien qu'il ait stipulé, lors de ce forum à Pékin, que « l'imprimé sera toujours plus important – peu importe le pourcentage des bénéfices », Dohle affirme que « le numérique devient de plus en plus présent » et qu'il convient de discuter des stratégies. Là-dessus, le modèle chinois semble rendre plus d'une personne perplexe. Pour l'exemple, Chen Tong, vice-président de Sina, un important opérateur chinois de portail Web, déclare que les lecteurs chinois d'ebooks n'ont souvent pas l'habitude de payer les ebooks, d'autant plus que le contenu fourni est la plupart du temps insatisfaisant. Selon Chen, et bien d'autres acteurs numériques, l'avenir de l'édition numérique (en Chine) se trouve auprès des utilisateurs de téléphones mobiles, qui dépassent 1 milliard.

 

Il faut aussi savoir qu'en 2011, le taux de lecture nationale du pays était de 53,9 %, et parmi ce groupe, 38,6 % lisent dans un contenu numérique. Du côté de Random House, qui a installé son premier bureau en Chine en 2011, la société a doublé ses revenus. Pour les Occidentaux, la Chine est visiblement considérée comme un marché important, qui offre également une belle expérience d'apprentissage auprès de lecteurs ayant des habitudes de lecture différente. Ainsi, pour beaucoup, ce pays rouge représente une chance supplémentaire de développer son offre numérique.

 

Et Random House de confier que le numérique est désormais une tranche croissante du chiffre d'affaires de la maison. En 2008, il était de 6 millions d'euros (7,66 millions de dollars), et on s'attend à atteindre les 400 millions d'euros en 2012. À l'heure actuelle, 22 % de son revenu provient de l'édition numérique, selon Dohle.  De plus, « la combinaison de Random House avec Penguin accroît notre présence dans les marchés de croissance du Brésil, de l'Inde et de la Chine », ajoute Thomas Rabe, de Bertelsmann (via People's Daily).

 

Les Chinois n'ont qu'à bien se tenir… et suivre les conseils de ses futurs partenaires, comprend-on.