Rapport Racine : Gare au “conflit d'intérêts”, pointent les agents littéraires

Nicolas Gary - 12.02.2020

Edition - Société - Agents littéraires - rapport racine - artistes auteurs


« Il est plus que jamais urgent de travailler à l’amélioration de la situation économique et sociale des auteurs. » Le commentaire de l’Alliance des agents littéraires français ne souffre aucune erreur d’interprétation. Alors que Franck Riester doit communiquer sa feuille de route sur l’application du rapport Racine, l’AALF prend position.


Ou bien si c'est moi Qui m'fais du cinéma... - pixabay licence


« Depuis plusieurs décennies, la rémunération des auteurs par titre est en diminution constante. En revanche, les prélèvements sociaux continuent d’augmenter, ce qui entraîne une diminution du revenu disponible des auteurs », indique l’AALF dans un communiqué. 

Et de saluer les recommandations 10 et 1 tout particulièrement — celles qui portent sur le modèle de rémunération et la création d’un Observatoire qui fournira des données statistiques sur les ventes.

Sur la question de la représentation, l’AALF appelle toutefois à « la plus grande vigilance ». En effet, en tant qu’agents littéraires, la mission première est celle de la défense individuelle des intérêts des auteurs. Et à ce jour, ils « s’interrogent sur la réelle légitimité de certains organismes à représenter collectivement les intérêts des auteurs en cas de divergence avec les éditeurs ». 

Et de pointer tout particulièrement les sociétés (ou organismes) de gestion collective. Ces derniers redistribuent des droits d’auteurs à des éditeurs, voire sont gérées par les éditeurs — on pensera doucement à la SCELF (Société Civile des Éditeurs de Langue Française), plus particulièrement tournée vers l’audiovisuel. Sans oublier que cette dernière avait tenté, début 2018, d’instaurer une taxation des lectures réalisées dans les bibliothèques ou manifestations littéraires.

La SCELF n'est cependant pas explicitement citée dans le message de l'AALF.

Pourtant, il apparaît inenvisageable aux agents que ces OGC puissent représenter les auteurs sans que n’émerge un conflit d’intérêts. « Ces organismes ne sauraient donc prétendre à la représentation des auteurs dans le cadre de discussions opposant la position des auteurs à celles des éditeurs, notamment sur leurs rémunérations. »

Et de conclure : « S’il convient de renforcer la représentation des auteurs au sein des diverses institutions, dont le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA), il convient également d’assurer aux auteurs et aux instances les représentant une formation qui leur permettrait de mieux défendre leurs intérêts. »


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