Rapport sur le trafic de diplômes à Toulon : le président choqué

Clément Solym - 01.08.2009

Edition - Société - rapport - trafic - diplôme


Voilà plusieurs mois que l'université de Toulon est soupçonnée d'héberger dans son enceinte un trafic de diplômes. Valérie Pécresse avait alors demandé une enquête de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) en avril.

Nous avons appris hier par l'AFP, que le président de cette université, Laroussi Oueslati, s'était dit « particulièrement surpris et choqué par la publication d'extraits de ce pré-rapport. Ce texte devait rester confidentiel, au moins jusqu'à ce que l'équipe présidentielle puise répondre à ces allégations ».

Des extraits du rapport ont en effet été publiés dans le journal Le Monde daté de jeudi. Ce document met en cause directement le « recrutement douteux d'étudiants étrangers » à l'université de Toulon.

Pour Laroussi Oueslati, « le principe du contradictoire n'a pas été respecté puisqu'il y a eu une fuite. En principe, j'ai un mois pour répondre. Ce pré-rapport est à charge, il manque d'objectivité et véhicule des informations erronées ».

Ce trafic serait au bénéfice d'étudiants chinois, n'ayant pas le niveau requis en français. Les étudiants en provenance de Chine sont les plus souvent impliqués dans des affaires de fraudes aux diplômes français.

M. Oueslati reproche par ailleurs aux inspecteurs d'avoir changé l'objet de leur enquête, faute d'éléments sur le trafic présumé de diplômes. Les inspecteurs généraux n'évoquent en effet pas l'existence d'un trafic institutionnalisé de diplômes à but lucratif. En revanche, l'université est soupçonnée d'avoir favorisé le recrutement douteux d'étudiants chinois en contournant les commissions de sélection.

« Je regrette que n'ayant pas pu mettre en évidence une quelconque malversation, ce soit les procédures de recrutement qui soient mises en cause », a déclaré M. Oueslati ajoutant que « plusieurs commissions, il est vrai, étaient compétentes pour considérer les candidatures et cela a pu engendrer quelques confusions. Mais nous avons amélioré ce processus en février 2009 et nous avons maintenant une commission centralisée interdisciplinaire, inter-facultés, qui permet de recruter les étudiants sur le principe d'égalité ».

Le ministère a annoncé mercredi qu'il s'exprimerait « après la phase contradictoire » et le retour du rapport d'enquête, et qu'il prendrait alors « toutes les mesures nécessaires ».