Ray Bradbury arrive au Royaume-Uni en numérique

Nicolas Gary - 19.02.2013

Edition - Les maisons - Ray Bradbury - livres numériques - anniversaire


N'en déplaise à Frédéric Beigbeder, les ouvrages de Ray Bradbury ont bien fait leur apparition au format numérique. Le revirement a été opéré en novembre 2011 : Simon & Schuster, l'éditeur américain a décidé de publier une version ebook du livre sorti en 1953, Farenheit 451. Le géant de la SF avait toujours refusé d'en entendre parler... Mais les temps changent...

 

 

 

« C'est une occasion rare et merveilleuse de poursuivre notre relation avec cet auteur si apprécié et reconnu, et de proposer ses oeuvres à une nouvelle génération de lecteurs et dans des nouveaux formats », soulignait alors Jonathan Karp, l'éditeur de S&S.

 

Or, après une commercialisation outre-Atlantique, voilà que HarperVoyager, pour le 50e anniversaire de la première parution du titre, va publier outre-Manche plusieurs ouvrages du fonds Bradbury. Farenheit 451, The Martian Chronicles et The Illustrated Man sont tous disponibles en format numérique, depuis la semaine passée. 

 

Cette division de HarperCollins UK a acheté les droits numériques et imprimés pour le Royaume-Uni et le Commonwealth, à l'exception du Canada, pour les 22 titres signés par Bradbury, rapporte The Bookseller. Et parmi ces ouvrages, un inédit, Dark Carnival, qui sera prochainement publié. 

 

« Nous sommes ravis d'être en mesure de présenter plus d'ouvrages du fonds de Ray Bradbury aux lecteurs qui ont faim de lire plus de ce grand auteur et très apprécié dans ce genre », explique Amy McCulloch, éditrice pour la filiale fantastique de HC. 

 

Pour Bradbury, décédé en juin 2012, le livre numérique représentait un grand Satan. « Il n'y a pas d'avenir pour les livres numériques, car ce ne sont pas des livres. Les ebooks ont une odeur de carburant brûlé », assurait-il, estimant d'ailleurs qu'internet n'était « qu'une grande distraction ».

 

Des propos qui avaient inspiré Frédéric Beigbeder. En juin 2010, le romancier avait estimé que la numérisation des livres serait l'une des manières de brûler les livres. « On ne pratiquera peut-être pas l'autodafé (mal vu depuis les nazis) mais on cessera de les fabriquer. La plupart seront donc pilonnés pour faire place nette. Les librairies fermeront et les bibliothèques ressembleront - comme c'est déjà souvent le cas - à des cybercafés. Le roman [NdR : Farenheit 451] montrait bel et bien ce que nous sommes en train de vivre, cinquante-sept ans après. » (voir notre actualitté)

 

 Les éditions Denoël, qui ont publié Bradbury, n'étaient pas disponibles pur nous répondre