Raymond Queneau mentor d'Iris Murdoch, amoureuse transie

Clément Solym - 27.04.2010

Edition - Société - correspondance - Murdoch - Queneau


Raymond Queneau maître à penser d'une romancière anglaise... quel plaisir ! C'est dans la correspondance d'Iris Murdoch, prix Bowker, que l'on découvrira les trente années de correspondance qui ont rapproché les deux écrivains. « Tout ce que je pourrai jamais écrire vous doit tellement, tellement », peut-on lire dans l'une des 164 lettres que le Kingston University's Centre vient d'acquérir pour 50.000 £.

Y compris une déclaration enflammée, de 14 pages écrites en 1952. « Je ferai n'importe quoi pour vous, être tout ce que vous souhaiteriez, venir à vous n'importe quand ou n'importe où [mais] vous n'avez pas besoin de moi comme j'ai besoin de vous. »

Un amour dont le biographe, Peter Conradi, assure qu'il n'aura jamais été que platonique. Queneau restera ce mentor admiré, connu pour Zazie dans le métro ou ses Exercices de style, qui auront tant fasciné Iris.

Depuis Kingston, le Dr Anne Rowe ajoute : « Elle a écrit à Queneau au moment où le roman, en Angleterre, était perçu comme un genre archaïque et relevant d'une mentalité d'épicier. » Et pour Iris, comment apporter la tradition romanesque européenne sur l'île.

En s'inspirant du maître. Elle lui fait part de ses inquiétudes, de ses démons - et en 1948, elle lui parle de ses désordres psychologiques, jusqu'en 1953 où elle évoque les besoins possibles d'une psychanalyse.

C'est en Autriche, alors qu'elle fait partie d'un groupe de travail des Nations Unies, qu'elle rencontre en 1946 Raymond Queneau. Dans la lettre du 24 août 1952, elle lui déclare : « Si je pensais avoir la moindre chance avec toi, je me battrais sauvagement. »