Rébellion des lecteurs afro-américains, lésés par Amazon

Victor De Sepausy - 17.09.2019

Edition - Economie - Amazon vente livres - Afro américains lecture - monopole Amazon


Quand Amazon pousse des cris de vierge effarouchée, pointant la méchante édition américaine qui lui fait les gros yeux, on pouffe. En 2018, la firme a réalisé 232,9 milliards $ de chiffre d’affaires, en hausse de 31 %, quand les éditeurs américains, cumulés, représentent 25,8 milliards $, en recul de 1,6 %. Où se trouve réellement le pouvoir ?



En décidant unilatéralement de la diffusion de sous-titres dans les audiolivres, Amazon a peut-être vu un peu gros. Que les grands groupes éditoriaux américains se révoltent semble alors assez cohérent. Ne serait-ce que pour rappeler qui est le détenteur des droits de commercialisation des œuvres, nonobstant leur format.

Mais les reproches adressés à Amazon — mère de tous les vices, comme on sait — ne s’arrêtent plus. Récemment, l’African American Literature Book Club a décidé de supprimer le lien d’affiliation qui l’unit au cybermarchand. Sur son site, finie la connivence — à moins que les titres ne soient commercialisés uniquement en format Kindle.

Selon l’AALBC — qui se présente comme la plus ancienne librairie en ligne, dédiée à la littérature afro-américaine et noire du monde entier —, cette affiliation avait cours depuis 18 ans. Troy Johnson, son fondateur, fait part des préoccupations qui ont conduit à cette décision : un problème d’argent.

Précédemment, les affiliés Amazon percevaient une commission de 8 %, mais pour les livres physiques, explique désormais le cybermarchand, cette dernière est réduite à 4,5 %. Maintenant, deux chiffres à prendre en compte : Bloomberg estime à 42 % la part de marché d’Amazon sur les livres papier. Forbes considère que le livre dans son ensemble pèse 7 % du CA d’Amazon. 

De quoi enfoncer le clou un peu plus. Mais pour Troy Johnson, ce monopole ne passera plus par son club de lecture. Qu’Amazon ait représenté, fut un temps, une solution commode et pratique, assurément, mais aujourd’hui, « tout le monde se sent obligé d’utiliser Amazon », indique-t-il à Publishers Weekly.

Or, dans son modèle d’affiliation, Amazon ne cesse de revendiquer une exclusivité, qui finit par laisser les sites partenaires exsangues — et plus encore, quand les commissions sont réduites drastiquement. Et toujours unilatéralement, cela ne change pas. 
 
Pour aider les auteurs afro-américains à s’autopublier, et diffuser leurs livres via le site de l’AALBC, Johnson indique avoir recours à Big Trade, fournisseur de solutions pour commerce électronique. Et surtout, pour maintenir une solution d’affiliation, qui deviendrait plus vertueuse, il cherche des solutions pour associer les éditeurs et les librairies indépendantes spécialisées. 

« Cela n’a pas de sens de conforter le monopole d’Amazon, sans pouvoir gagner d’argent. » Le bon sens même…


Commentaires
Merci de rendre compte de cet article. L'impact négatif d'Amazon est d'envergure mondiale. (en utilisant la traduction de Google)
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