Réclusion à perpétuité demandée contre Asli Erdogan et Necmiye Alpay

Nicolas Gary - 12.11.2016

Edition - Justice - asli erdogan perpétuité - Necmiye Alpay prepétuité


Le procureur turc aura fini par demander une peine de prison à perpétuité, à l'encontre de la romancière Asli Erdogan. En dépit de la mobilisation internationale, soutenant l’auteure, le parquet d’Istanbul a exigé une condamnation à vie. La traductrice Necmiye Alpay, subirait par ailleurs le même sort.

 

 

 

Les deux femmes comptent parmi les différentes personnes arrêtées depuis le mois d’août, sous l’accusation de propagande en faveur du Parti des travailleurs kurdes (PKK). Elles sont par ailleurs accusées d’appartenir à une organisation terroriste armée, menaçant la sécurité même de l’État turc. 

 

Dans l’acte d’accusation originel, les peines de prison encourues allaient de six ans et demi à 17 années, avant de passer subitement à une peine à vie. Les documents ont été transmis au tribunal pénal supérieur d’Istanbul, qui l’approuvera ou le rejettera dans un délai de 15 jours. 

 

La réclusion à perpétuité a été justifiée en évoquant les actions et la complicité avec des organisations terroristes armées. 

 

Les multiples soutiens d’Asli Erdogan ne cessent, de leur côté, de pointer la détérioration de son état de santé – elle souffre d’une maladie obstructive pulmonaire chronique, ainsi que de diabète, le double doublé d’asthme. Âgée de 49 ans, elle figure à ce jour comme l’une des personnalités majeures de la littérature turque, indique l'AP.

 

Leur arrestation à toutes deux découle de la tentative de coup d’Etat avortée en Turiquie. Avec elles, sept autres personnes ayant notamment travaillé pour le journal Ozgur Gundem, ainsi que des écrivains, sont passibles de la même peine à perpétuité. Asli Erdogan fait figure de représentante symbolique, ayant été membre consultative du média. 

 

Cependant, sur les neuf arrestations totales, quatre sont actuellement en détention provisoire, dans l’attente d’un jugement et toutes les autres ont été libérées en détention provisoire.

 

La Fondation des droits de l’homme a pour sa part dénoncé le fait que les journalistes, dans le pays, faisaient constamment face à « des menaces de représailles dans l’exercice de leur travail et souvent étaient harcelés et poursuivis en justice, en vertu de lois pénales qui visent à étouffer les critiques formulées à l’encontre du gouvernement ».

 

"Nous adjurons le gouvernement turc de mettre fin à cette chasse aux sorcières"

 

De son côté, Asli Erdogan a communiqué plusieurs lettres, depuis la prison pour femmes de Bakirkoy, située dans la capitale turque, et où elle a été enfermée. Dans son dernier appel, adressé à l’Europe tout entière, elle soulignait toute la gravité de la situation en Turquie.

 

Depuis le commencement de la répression dans le pays, on estime que près de 35.000 personnes ont été arrêtées. Pour beaucoup, le territoire est actuellement en train de dire adieu à son statut d’État de droit ? Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères en Turquie, a assuré : « À un moment nous n’aurons pas d’autres choix que d’appliquer les sanctions pour contrer la situation insupportable vis-à-vis des Droits de l’Homme. »

 

Appel au Président de la République de Turquie 

 

En attendant, les violations de droits se multiplient...

 

 

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