Récompenser Zemmour ? L'Académicien Rinaldi refuse

Clément Solym - 09.03.2011

Edition - Société - zemmour - angelo - rinaldi


Après un passage particulièrement remarqué à l'Assemblée nationale, au cours d'une intervention applaudie, Éric Zemmour continue de faire parler de lui. Sa prise de parole faisait suite à la relaxe du 18 février : le tribunal correctionnel de Paris l'avait cependant condamné pour « provocation à caractère racial ».

Écopant de 1000 € d'amende, mais d'une réception par une vingtaine de membres de l'UMP, le chroniqueur Zemmour avait apporté une « contribution utile, intéressante, brillante », avait estimé Jean-François Copé.

Et voilà que l'association Richelieu a décidé de récompenser ledit Zemmour, pour son prix version 2011. En effet, tout journaliste qui « aura témoigné par la qualité de son propre langage, de son souci de défendre la langue française », peut se voir distinguer par ce prix. Une décision qui a provoqué la colère de l'écrivain et Académicien Angelo Rinaldi, rapporte Libération.


Ce dernier a décidé de démissionner de son poste de président de l'Association de Défense de la langue française, pour s'épargner lea douloureuse remise de prix qu'il devait organiser. « Les choses m'ont paru simples et évidentes : je me plie au vote démocratique, car je n'ai pas le choix. Par contre, je refuse de présider une association qui récompense et donc légitime la propagande haineuse de M. Éric Zemmour (...) Je démissionne donc de mes fonctions de président de Défense de la langue française et quitte totalement l'association. »

Selon lui, impensable d'être celui qui attribuera le prix à « quelqu'un qui jette le discrédit et l'opprobre sur des gens qui parlent français », précisait-il d'ailleurs sur France Inter. D'autre part, « les étrangers stigmatisés par le journaliste viennent majoritairement de pays francophones et illustrent le rayonnement culturel et intellectuel de la langue française dans le monde ».

Rappelons les propos d'Éric Zemmour, qui ont motivé la condamnation du tribunal, tenus sur Canal+ : « La plupart des trafiquants sont noirs et arabes » ou encore que l'on a le droit de refuser un emploi aux mêmes intéressés, sur France Ô.

Qu'en aurait pensé Du Bellay ?