Recours collectif : les salariés d'Amazon se rebiffent

Clément Solym - 25.09.2013

Edition - Justice - contrôle de sécurité - entrepôts - Amazon


Des conditions de sécurité et de travail passables, voire tout bonnement douloureuses, chez Amazon ? On peine à ne pas le croire. Des employés des entrepôts situés dans le Kentuycky, le Tennessee et à Washington viennent de lancer un recours collectif contre le géant du commerce en ligne. En cause : des contrôles de sécurité impayés. L'affaire fait doucement glousser...

 

 

 Security

Amazon, demain ?

US Army, CC BY 2.0

 

 

L'ironie frappe toujours là où personne ne l'attend. En effet, les travailleurs dans les entrepôts américains d'Amazon passent au moins une 40aine de minutes par semaine à se faire contrôler : à chaque fois qu'ils quittent le lieu de travail, ils sont soumis à cette inspection. Il faut s'assurer que non seulement ils ne vont pas ramener d'images avec des smartphones, pas plus qu'ils ne volent de la marchandise. 

 

Or, selon l'intitulé de la plainte, certains contrôles peuvent prendre entre 20 et 30 minutes chaque jour - un moyen pour le grand vendeur de s'assurer que les employés ne volent pas ni ne se livrent à de la contrebande. Pourtant, ce monde idéal de confiance, de sérénité et de paix est troublé : les employés, durant ces périodes de contrôle, ne sont pas rémunérés. Et leur class action porte justement sur ce manque à gagner dans leurs feuilles de salaire. 

 

Les plaintes déposées suggèrent qu'Amazon contraint ses travailleurs à attendre, durant un temps qui n'est pas payé, pour se soumettre à des contrôles obligatoires. Et l'ensemble de ces petites économies de bouts de chandelles sert bien entendu les intérêts d'Amazon, qui en profite au passage pour grappiller quelques économies substantielles.

 

Bien entendu, la société refuse de commenter et l'on ignore combien de personnes ont pris part à cette action collective. On comprend bien tout l'intérêt pour Amazon de ne pas rémunérer ce temps où le travailleur n'est pas strictement en train de faire des cartons et de rechercher, au sein de l'entrepôt, les colis qui seront expédiés. 

 

Sauf qu'avec la récente visite de Barack Obama dans un centre logistique de Chattanooga, dans le Tennessee, et les éloges que le président américain a pu adresser à Amazon, ce genre d'affaires fait tache. La croissance du réseau logistique du marchand s'élargit partout dans le monde,  et si la société est bien créatrice d'emplois, il ne faut pas oublier dans quelles conditions les salariés sont employés. 

 

Cette procédure apporte un nouvel éclairage, assez intéressant... Surtout que la firme est très fière d'annoncer que, durant la période des fêtes de Noël, elle va engager 15.000 personnes supplémentaires pour répondre aux besoins.

 

via Huffington Post