Recruter directement chez les enfants, pour éprouver ses livres

Clément Solym - 12.07.2011

Edition - Société - enfantss - litterature - valider


La littérature jeunesse est-elle soluble dans le marketing ? Voilà près de huit ans, la maison Random House Australie avait envoyé un manuscrit à l'attention d'un gamin de 12 ans. Juste pour avoir ses impressions de lecture.

C'est ainsi qu'a débuté l'aventure de The Ranger's Apprentice. Parce que Robere Rahme, le gamin en question a été si convaincu de sa lecture que les libraires se sont rangés à son avis, et quelques années plus tard, le titre de John Flanagan s'est écoulé à 4 millions d'exemplaires dans le monde.


Moralité ? Directement aller puiser à la source les informations sur les ouvrages que l'on souhaite publier. Et pour ce faire, le même Random House vient de lancer une campagne de recrutement de 100 enfants, lecteurs assidus, pour constituer un vivier de bêta-testeurs de leurs publications. Et surtout, parce que plusieurs années plus tard, les petits deviennent grands, et suivent avec attention les parutions.

Un autre éditeur s'est lancé dans l'aventure : Allen & Unwins, qui a lancé un club de lecture, Silverfish, pour 30 jeunes de 8 à 19 ans, qui passent au crible les ouvrages. Pour eux, la problématique est simple : étant donné que les adultes achètent des livres pour les enfants, les maisons n'ont pas de retour direct sur les lectures. Alors, chacun des membres du club reçoit un livre par an, et ainsi, l'éditeur peut opérer son tri.

Dans un monde où l'achat en librairie se ralentit, et que les acteurs en ligne gagnent des parts de marché, les éditeurs jeunesse et jeunes adultes résistent. Mais la question reste toujours de savoir quel type de couverture mettre sur les livres - et ainsi maximiser l'attrait des lecteurs ciblés.

Pour les garçons, justement, une couverture trop féminine ne sera pas assez intéressante. Avec des thématiques vampires et loups-garous, bien évidemment.