Récupérer ses avances perdues... sous des motifs fallacieux ?

Clément Solym - 27.09.2012

Edition - Economie - livres refusés - Penguin - éditeur


La décision prise par l'éditeur Penguin de poursuivre en justice plusieurs auteurs a fait des vagues. Ces derniers auraient perçu une avance sur des ouvrages à venir, mais sans jamais rendre le livre. Près de 600.000 $ sont en jeu, et l'éditeur, en période de disette, souhaite impérativement retrouver ses fonds, pour le moment perdus

 

 

Rich (65/365)

Rafael Peñaloza (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Mais la conversation entre commentateurs a rapidement dérivé. De fait, ce ne serait pas simplement pour les raisons avancées que l'éditeur refusait les titres. En effet, selon Penguin, les livres furent rejetés parce qu'ils n'avaient pas les qualités littéraires requises pour être publiables. Simplement... cette attitude dissimulerait tout autre chose. 

 

« Les livres sont refusés pour de tout autres raisons que rédactionnelles et les éditeurs souhaitent avant tout récupérer leur argent. Les maisons veulent refuser les manuscrits pour une raison, quelle qu'elle soit, après que l'auteur a mis du temps et de l'énergie pour les écrire, tout en payant ses factures », précise Robert Gottlieb, président de la société Trident Media Group.

 

Et son commentaire a fait long feu. Selon les observateurs, ces poursuites sont la preuve que le secteur de l'édition est en train d'agir de plus en plus comme une industrie. Il est vrai que cette situation - et le montant total que Penguin veut recouvrer - est totalement inhabituelle. On tend plutôt à passer par la case pertes et profits ce genre de petits couacs avec un auteur. 

 

Et Robert Gottlieb d'attirer l'attention plus encore, en mettant les auteurs en garde contre cette pratique. « Si Penguin avait fait cela pour un des livres d'un auteur de Trident, nous refuserions de leur représenter des livres de nouveau. »

 

Le blogueur littéraire Edward Champion a relevé l'ensemble des noms des auteurs inculpés.