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Redoine Faïd "adore être l'ennemi public numéro un"

Julien Helmlinger - 16.04.2013

Edition - International - Redoine Faïd - Ennemi public numéro un - Braqueur


Alors que le braqueur en cavale vient de faire monter sa cote dans le milieu du grand banditisme, en laissant derrière lui une maison d'arrêt de Sequedin sans dessus dessous à l'issue de sa rocambolesque évasion, l'éditeur du livre de Redoine Faïd a livré ses commentaires sur le personnage. Et Pierre Fourniaud, lors de son entretien accordé à l'AFP,  décrit un caïd de cinéma, qui, à la manière de Jacques Mesrine, adorerait être « l'ennemi public numéro un ».

 

 

 

 

Courant 2010 est paru l'autobiographie du caïd Redoine Faïd désormais recherché par la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), Braqueur, des cités au grand banditisme, aux éditions de la Manufacture des livres. Suite à l'évasion du week-end dernier, l'éditeur estime que dans son obsession à vouloir être le meilleur, son auteur aurait « mis son intelligence et son charisme au service de sa mégalomanie. Je pense qu'il adore être l'ennemi public numéro un ».

 

L'éditeur confie qu'en 2010, avec le journaliste Jérôme Pierrat il a eu l'occasion de multiplier les rencontres avec Redoine Faïd, 40 ans aujourd'hui et originaire de Creil dans l'Oise. Plusieurs mois d'entretiens qui ont permis de voir aboutir une autobiographie, sous la forme d'un entretien avec celui qui est désormais en cavale, poursuivi par toutes les polices européennes.

 

Jusqu'à son évasion à renforts d'explosifs, de quelques otages et d'une arme de poing mystérieusement passée au travers du système de sécurité de la prison, qui a eu lieu samedi soir, il était détenu au sein de la maison d'arrêt de Sequelin, dans le Nord. Et ce, pour plusieurs affaires, dont la tentative d'attaque à main armée qui a coûté la vie à une policière municipale à Villiers-sur-Marne, au cours du mois de mai 2010.

 

Un « repenti » qui disait avoir tourné la page pour se ranger

 

Sa biographie raconte un parcours de braqueur, la rudesse d'une vie partie des cités pour en arriver à une première cavale. Néanmoins, comme le rapporte l'éditeur : « Il se présentait comme un repenti, assurait avoir tourné la page du grand banditisme pour mener une vie rangée. Il avait un emploi de cadre, semblait bien intégré dans la société. Si, pendant qu'il faisait la promotion du bouquin sur les plateaux de télé et les radios, jurant qu'il avait tourné le dos à ses vieux démons, il préparait ce braquage meurtrier, il nous a menti et a mené tous les médias en bateau ! »

 

Pierre Fourniaud se dit avoir été stupéfait de voir Redoine Faïd désigné comme principal suspect au cours de l'attaque à main armée, mais avoue que suite à cette évasion, il l'est dorénavant beaucoup moins. Lui qui est allé visiter le détenu par deux fois à la prison de Fresnes, le décrit comme un homme aimable, courtois et qui clamait son innocence.

 

L'éditeur précise : « C'est un homme remarquablement intelligent, brillant, charismatique, mais qui a mis son intelligence et son charisme au service de sa mégalomanie. Il se croit très supérieur. Son obsession, c'est d'être reconnu comme le meilleur. Cela aurait pu être dans le sport, la téléréalité mais il a choisi cette voie un peu suicidaire du grand banditisme. »

 

Selon lui, Redoine Faïd serait « fasciné par la figure mythologique du gangster, il veut être un héros de cinéma. Je pense qu'il adore être l'ennemi public numéro un ». Un homme qui sans faire l'apologie du banditisme avait tout de même choisi une véritable carrière de braqueur. Un portrait que l'éditeur complète en ajoutant : « Sa vie pourrait ressembler à un scénario de film américain. Et, au cinéma, la police a le plus souvent le dessus et le malfrat une fin tragique... »