Reed Expo face à Hachette : et si la presse en avait fait un peu trop ?

Clément Solym - 05.03.2010

Edition - Société - Reed - Expo - Hachette


Suite à la lettre ouverte envoyée par Reed Expo à Hachette, quelques petits éclaircissements étaient nécessaires.

Tout d'abord, il faut bien prendre en compte une chose : la polémique et le skud lancé sur Hachette découlent d'un papier publié dans le magazine Myboox paru le 23 février. On peut y lire la phrase suivante :
Hachette Livre, premier groupe français d’édition, annonce qu’il abandonne huit cents mètres carrés de stand sur les neuf cents qu’il loue habituellement à l’occasion du Salon. La raison ? Comme de nombreuses maisons d’édition, Hachette se refuse à payer des prix exorbitants pour un stand dont, somme toute, il peut se passer.
Oups. Exorbitants. Mea maxima culpa. Or, après publication de ce papier, et l'arrivée en suivant de l'article paru dans Livres Hebdo, voilà que tout se déchaîne. On entend la chevauchée des Walkyries, le ciel s'assombrit et soudain, l'ambiance prend des airs d'apocalypse. Pourtant... Y'a-t-il réellement une raison de s'emballer ?

Ah vrai dire, non. Du tout. D'une part, parce que le papier sorti chez Myboox n'ajoute pas grand-chose à la situation. Sinon ce terme d'exorbitant. Justifié ? En tout cas polémique. D'autres parutions avaient eu lieu, çà et là pour faire un bilan, mais rien qui n'apportait de nouveaux éléments dans la décision de l'éditeur. (en savoir plus)


C'est là que la goutte d'eau fait déborder le vase, quand Livres Hebdo, magazine de référence, titre donc Hachette enfonce le clou. Après consultation de cet article, une nouvelle question se pose : quoi de neuf ? Qu'est-ce qui justifiait un enième traitement de ce sujet ? Ben... pas grand-chose. En fait, l'hebdomadaire se contentait de citer la phrase que nous avons rapportée plus haut, précisant que Myboox est « le site grand public dédié au livre lancé par Hachette ». (en savoir plus)

Nos confrères estimaient probablement avoir trouvé là des informations très corporate. Sauf que la moutarde monte fort logiquement au nez de Reed et que la réponse se fait bien sentir dans une lettre ouverte que nous avons publiée.

« Hachette peut se passer du Salon, mais ils ne sont fort heureusement pas les seuls sur le marché. Et comment fera un éditeur indépendant pour se faire connaître, lui qui n'a pas la force d'affichage de Hachette », nous précisait ce matin Jean-Daniel Compain, signataire de cette lettre ouverte. Et d'ajouter : « Quand un salon ne sert plus à rien, il se casse la gueule tout seul. Nous avons eu des salons, morts de leur belle mort, simplement parce qu'ils n'avaient plus d'intérêt. »

Sauf que... peut-être que la presse a sa part de responsabilité dans cette affaire, finalement déclenché par des articles peut-être peu opportuns. L'admettra-t-elle ?